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Dossiers chauds
Jean-Yves Parent, créateur de produits humoristiques osés

Rions un peu

Des personnages libidineux batifolent sur du papier d’emballage, des pénis s’entortillent sur le devant de caleçons. Nous sommes au royaume de Créations OZZÉ, un des rares fabricants et distributeurs de produits humoristiques pour adultes au Québec.

par Marie-Hélène Proulx


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 6 Juin 2007


L’humour grivois de Jean-Yves Parent et de ses 22 employés a fait de cette entreprise une success story : tasses, shorts boxeurs et autres objets lubriques sont traduits en huit langues, dont le tchèque et le néerlandais. Et presque pas de Made in China. «Presque tout est fabriqué ici, à Blainville!»

Au départ, en 1994, l’entreprise ne produisait que des cartes de souhaits sexy – du jamais vu en Amérique du Nord. «Les mentalités avaient suffisamment évolué pour apprécier ce type de produit.» Trois ans plus tard, l’équipe se lance dans les jeux de société, la passion de jeunesse de Jean-Yves. Certains sont conçus pour des joueurs disons… ouverts d’esprit, comme Sensation, le produit vedette de l’entreprise, mais d’autres s’adressent au grand public.

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«Le créneau des produits “pour adultes” n’est pas viable au Québec, car le marché est trop petit. Il faut donc exporter ou développer en parallèle des produits qui s’adressent au grand public, sans connotation sexuelle.»

C’est que le sexe ne fait pas vendre autant que la rumeur le laisse entendre. «Pour percer le marché international, nous avons sonné à la porte des distributeurs étrangers. J’ai travaillé 70 heures par semaine pendant des années pour y arriver! Je ne roule pas en limousine pour autant.»

Et il continue de bûcher fort. Car Créations OZZÉ a beau concevoir des bagues pour pénis en jujube ou des pilules antigravité pour les seins, son quotidien ressemble à celui de n’importe quelle PME. «On ne passe pas nos journées à faire des jokes de cul! On rit quand on a un bon flash pendant une séance de remue-méninges, mais ensuite, on s’attaque sérieusement à la mise en marché.»

Il comprend toutefois que les gens puissent avoir des préjugés contre l’industrie du sexe. «Moi-même, quand j’ai prospecté les boutiques érotiques afin qu’elles distribuent nos produits, j’avais peur de ne pas me faire payer à cause de la nature de ces commerces… Mais j’ai plutôt rencontré des gens gentils et honnêtes en affaires.»

Ce célibataire avoue qu’il hésite à révéler tout de suite la nature de son gagne-pain à une amoureuse potentielle. «Je crains qu’elle me prenne pour un pervers! Mais en ce qui concerne mes parents, pas de problème… Ils travaillent maintenant pour moi!»


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