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Dossiers chauds
David Blum, producteur de contenus 3X

L’homme à femmes

Cet imposant colosse de 29 ans se voyait plutôt passer sa vie à préparer du foie gras dans un grand restaurant!

par Marie-Hélène Proulx
Photo : Marie-Claude Hamel


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 6 Juin 2007


Croyez-le ou non, David Blum n’avait jamais consommé de pornographie avant de devenir président de Montreal Studio Multimedia (MSM), un studio de production de contenus 3X. «Le pire que j’avais fait, c’était de voler des Playboy à mon oncle pour les louer à mes amis quand j’avais 11 ans!»

Cet imposant colosse de 29 ans se voyait plutôt passer sa vie à préparer du foie gras dans un grand restaurant! Mais en 2001, après un séjour à Paris où il était allé parfaire sa formation de cuisinier, il devient blasé et décroche de son rêve. De retour à Montréal, un ami lui présente un homme qui produit des vidéos et des photos pornographiques.

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«C’était un swinger qui organisait des parties de fesses. Il avait eu l’idée de filmer ses aventures en espérant faire de l’argent et s’était adjoint des partenaires d’affaires. Il était plutôt désorganisé, alors je lui ai donné un coup de main bénévolement, pour le trip… Comme je suis un homme à femmes, ce milieu m’attirait.»

En 2004, le swinger en question quitte le bateau à la suite d’une dispute entre associés et David rachète ses actifs grâce à ses économies et à un emprunt à sa mère. «Mes parents étaient sceptiques. Mais quand ils ont vu que je m’investissais avec sérieux dans cette entreprise, ils ont accepté ma décision.»

Aujourd’hui, David emploie à forfait environ 300 mannequins et acteurs pornos – dont 80 % sont des Québécois –, et gère 5 salariés à temps plein. Tous ses contenus sont produits à Montréal, dans un ancien gymnase converti en studios, où des lits douillets accueillent les prouesses des artistes du sexe. Photos et vidéos charnelles sont ensuite vendues à des sites Internet partout dans le monde et au magazine érotique Sextra. David tente aussi de percer le marché de la téléphonie cellulaire, une plateforme d’avenir pour télécharger des contenus érotiques.

Les affaires fleurissent, mais ce n’est pas l’Eldorado. «À cause de Larry Flint et Hugh Hefner, les gens pensent que les artisans de la porno sont riches. C’est faux! Quand je fais 10 % de profit, je suis bien content.»

Beaucoup d’aspirants producteurs se cassent d’ailleurs la gueule en pensant faire de l’argent facile. «Il y a plein de dépenses auxquelles ils ne songent pas. Par exemple, les acteurs subissent régulièrement des tests pour les MTS et le VIH. Ces frais médicaux coûtent 20 000 $ par année.» Il débourse aussi des milliers de dollars en frais d’avocat, pour la signature des contrats de travail, notamment.

Cela dit, David ferait sûrement plus de fric s’il produisait des scènes de sexe sans condom, une pratique recherchée par les propriétaires de sites Internet et de collections de DVD. Mais il refuse de mettre en péril la santé des acteurs. «J’ai adopté une ligne de conduite stricte qui me permet d’avoir la conscience tranquille. Je n’ai pas le goût de voir J.E. débarquer!»


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