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Souriez! Vous êtes Googlé

Depuis le temps qu’on la côtoie, la Toile fait partie de nos vies. Ce qu’on a tendance à oublier, c’est que nos vies font partie de la sienne. On navigue, on blogue, on réseaute, on s’écrit et on se montre. Ça crée des liens et ça laisse des traces. De quoi vous faire une «Net réputation»… pas toujours nette.

Recherche et rédaction : Pierre Frisko, Marie-Julie Gagnon et Maxime Johnson
Coordination : Pierre Frisko


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 8 sept 2007


Personne n’oserait se mettre à poil dans la rue Saint-Denis ou sur la Grande Allée aux heures de grande affluence, hormis les nuvites, dont c’est la spécialité. Pourtant, tous les jours, c’est ce que font inconsciemment un grand nombre d’internautes en surfant d’un blogue à une communauté virtuelle, en passant par les forums de discussion, les clavardages, les sites de rencontres, les pétitions en ligne, en «googlant» tout et n’importe quoi, même à propos de leurs passions les plus intimes…

Or, réfugiés dans notre antre personnel, on oublie trop souvent qu’Internet est l’autoroute la plus achalandée du monde. «Internet, c’est de l’instantané, rappelle André Caron, directeur du Centre de recherche interdisciplinaire sur les technologies émergentes (CITÉ) de l’Université de Montréal. Le problème, c’est qu’on met des choses dans le Net pour que nos chums trouvent ça drôle, mais on oublie que c’est public.» Et cela, au risque de perdre notre emploi et de compromettre notre carrière.

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Un sondage réalisé à l’automne 2006 par le site Careerbuilder.com auprès de 1 500 employeurs américains indique que 26 % des compagnies utilisent les moteurs de recherche, dont Google, pour obtenir des renseignements sur les candidats. «C’est une tendance qui prend de l’ampleur, observe Jennifer Sullivan, porte-parole du site de Chicago. Nous allons donc voir de plus en plus de compagnies admettre l’utilisation de cette ressource.»

Car tendance il y a. Un autre sondage, mené au printemps 2007 au Royaume-Uni pour le compte du réseau de rencontres professionnelles en ligne Viadeo, évalue que 20 % des employeurs consultés auraient eu recours à Internet pour obtenir de l’information sur des candidats. D'autres études parlent de pourcentages plus élevés et d’utilisations plus pointues : des employeurs consultent les blogues et les réseaux sociaux avant de faire leur choix.

Pour l’instant, le Québec est avare de chiffres : aucune enquête sérieuse n’a été publiée sur le sujet. Mais des recruteurs ont confirmé que, chez nous aussi, on scrute la Toile avant d’embaucher. «Notre travail exige qu’on aille chercher de l’information et Internet est un outil puissant qui nous fait gagner beaucoup de temps», soutient Marko Boyer, courtier de talents pour la firme de recrutement et services-conseils Courtech, à Montréal.

Van Allen est président de TimeLine Recruiting, une firme américaine spécialisée dans le recrutement de médecins, un domaine où on n’embauche pas à la légère : «Sans entrer dans les détails, je peux dire que nous scrutons les sites des communautés virtuelles les plus populaires [comme MySpace et Facebook], nous utilisons les moteurs de recherche majeurs, en plus d’avoir quelques autres trucs dans notre manche.» En examinant l’identité virtuelle des candidats, Van Allen espère dénicher de l’information qui l’aidera à présenter les meilleurs médecins possibles à ses clients. Mais les renseignements trouvés ne sont pas toujours à l’avantage du candidat...

Certains employeurs pourraient, dès la première tache, écarter votre candidature, clame le fondateur de ReputationDefender, l’Américain Michael Fertik. L’existence d’une entreprise comme la sienne est révélatrice : contre espèces sonnantes et trébuchantes, elle s’engage d’abord à scruter la Toile de fond en comble pour découvrir tout ce qui vous concerne, ni plus ni moins que votre identité virtuelle. Si certaines de vos traces ne vous plaisent pas, elle se chargera de les faire disparaître, moyennant un léger supplément, cela va de soi.

Bien sûr, les employeurs n’ont pas à croire tout ce qu'ils trouvent sur votre compte dans le Web, précise-t-il, «mais ils n’ont qu’à le croire juste assez pour ne pas courir le risque de vous embaucher. L’écart est très mince».

Évidemment, il n’y a pas qu’au moment de se chercher un emploi qu’on doit se préoccuper de sa «Net réputation». Dans la vie de tous les jours, et notamment au travail, la Toile a des impacts importants. Les propos que vous tenez dans un blogue ou un clavardage, les vidéos que vous mettez en ligne et les messages électroniques que vous échangez pendant vos heures de boulot peuvent avoir des conséquences insoupçonnées.


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Résultats



Québec

51,1 %


Situation de l’emploi :
Passable

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