Trouvez un article

Rechercher

Dossiers chauds

JE, ME, MOI, MA, MON… (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 10 nov 2007

«Malgré tout, ils ont maintenu un système généreux regorgeant de programmes sociaux, financés d’ailleurs avec la carte de crédit de l’État. Ils n’ont même pas entretenu les infrastructures – autoroutes, viaducs, réseau souterrain –, probablement parce que ce n’était pas assez sexy sur le plan politique», déplore cette membre du Club des Ex, une émission animée par Simon Durivage, à RDI.

«Nous savons depuis longtemps qu’il est moralement inacceptable pour l’État de s’endetter de la sorte, soutient Alain Dubuc, économiste et chroniqueur au quotidien La Presse. Hélas! L’opinion publique, majoritairement constituée de boomers, ne voulait pas bouger. Les problèmes étaient lointains et on espérait que ça allait se régler entre-temps… Au pire, les plus jeunes écoperaient!»

Pub.

Résultat : les nouvelles générations devront faire beaucoup de sacrifices, pense Marie Grégoire. Par exemple, privatiser des secteurs de la fonction publique. Rénover des infrastructures plutôt qu’inaugurer de nouveaux chantiers. Payer pour des services actuellement gratuits, ou débourser plus pour ceux qui comportent déjà des frais – permis de conduire, études universitaires, incorporation d’une entreprise...

«Les boomers sont très conscients que l’État doit désormais être administré autrement, soutient Alain Samson. Toutefois, ils disent préférer que les réformes se fassent une fois qu’ils auront pris leur retraite, histoire de ne pas en subir les contrecoups… C’est choquant!»

Pardonnez-leur…

Bien qu’il se désole de leur «égocentrisme», le conférencier croit qu’il est inutile d’en vouloir aux boomers. «Il faut comprendre qu’en raison de leur nombre, ils ont toujours été traités comme le centre du monde. Normal qu’ils en soient venus à considérer que tout leur est dû.»

En effet, les boomers ont été reçus «comme des anges» à leur naissance, estime François Ricard. La guerre venait de se terminer. Leurs parents sortaient de 15 ans de misère, de rationnement, d’insécurité politique. Puis, tout à coup, le ciel s’est dégagé. «Les gens voulaient à tout prix éviter à leurs enfants les malheurs qu’ils avaient connus. Les boomers ont donc été des enfants-rois destinés au bonheur.»

Toute la société québécoise a été pensée et développée en fonction des besoins de cette immense cohorte : commissions scolaires, cégeps, universités, hôpitaux, fonction publique, routes, industrie du divertissement, mode, culture. «Forcément, leurs problèmes devenaient les problèmes de l’ensemble de la population. Ce n’est pas un hasard si les questions de santé sont à l’ordre du jour; c’est parce que les boomers sont à l’âge où on s’en préoccupe davantage. Ils ont toujours donné le ton», note François Ricard.

On ne peut lutter contre la démographie, admet Éric Bédard. Néanmoins, il regrette que les boomers soient si peu conscients des soucis que leur présence écrasante a causés pour les générations suivantes. «Ils continuent de se croire l’incarnation de la générosité, de l’ouverture et du progrès et donnent des leçons de vertu aux plus jeunes. Mais sont-ils vraiment en position de le faire? Quand on examine le cas des clauses “orphelin” ou les enfants du divorce charriés d’un parent à l’autre, j’en doute fort!»


guide de survie


Faites-vous des heures supplémentaires non payées?








Résultats



Québec

45,9 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

NOS AIGUILLEURS