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Dossiers chauds
Femmes au travail

Elles arrivent

Des secteurs d’emploi encore sous forte domination masculine il n’y a pas si longtemps passent sous l’emprise féminine. Et ce n’est pas terminé : aujourd’hui majoritaires au cégep et à l’université, plus diplômées dans presque tous les domaines d’études, les femmes «domineront carrément la société québécoise sur le plan intellectuel», croit Denise Bombardier! Le Québec est-il à l’aube d’une révolution silencieuse?

par Marie-Hélène Proulx
coordination : Pierre Frisko


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 3 Mars 2008


Derrière le poste d’accueil du Département de biochimie médicale de l’Hôpital Notre-Dame, une dizaine de technologistes et de commis s’activent comme des abeilles dans une pièce inondée de soleil. À part un médecin assis dans son bureau et quelques patients venus porter des échantillons au laboratoire, pas un mâle en vue.

«Ici, c’est un monde de femmes», confirme la reine de la ruche, la Dre Élaine Letendre, chef du service de médecine métabolique depuis 2004. «Les partys de Noël sont épuisants pour les 6 gars du département : 120 filles se les disputent toute la soirée pour danser!»


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Ces valeureux cavaliers auront intérêt à avaler des boissons énergisantes avant de fêter, car ils devront bientôt faire valser encore plus de dames : les femmes occupent désormais deux sièges sur trois dans les facultés de médecine du Québec. En gynécologie et en pédiatrie, elles constituent 85 % des étudiants.

Déjà, les effectifs médicaux des hôpitaux, CLSC et CHSLD de la province comptaient 37,5 % de femmes en 2007, comparativement à 8 % en 1976. C’est la progression la plus fulgurante observée au pays.

«La médecine québécoise est assu-rément le secteur d’emploi le moins macho en Amérique du Nord», clame le Dr Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec. «Finie l’époque du docteur paternaliste! Les femmes sont traitées en égales. Toutes les portes leur sont ouvertes.»

Aucun doute, le secteur de la santé est aux avant-postes d’une «révolution silencieuse», selon l’expression des sociologues Christian Baudelot et Roger Establet : celle de la féminisation des professions. Favorisées par des résultats scolaires supérieurs à ceux des garçons (voir L’école des femmes ), elles sont majoritaires dans presque tous les programmes d’études, au cégep comme à l’université. Leur nombre progresse même au sein de bastions traditionnellement masculins, comme les mathématiques et l’ingénierie.

Et tout ça, sans tambour ni trompette, s’étonne Christian Baudelot, professeur retraité de l’École normale supérieure de Paris. Avec son collègue Roger Establet, il vient de publier un ouvrage sur l’évolution du statut de la femme, notamment au chapitre de l’éducation et du travail (Quoi de neuf chez les filles?, Nathan, 2007). «La transition s’est effectuée en douce, dans l’anonymat des chaumières. Encouragées par leurs mères qui leur souhaitaient une vie meilleure, les filles se sont imposées naturellement à l’école et au travail, sans faire la guerre aux garçons. Une percée d’autant plus saisissante qu’elle s’est accomplie en très peu de temps.»

«La tendance se remarque surtout dans les pays occidentaux, mais aussi dans ceux qui émergent, comme la Chine et l’Inde, où les femmes rattrapent rapidement leur retard scolaire et professionnel», précise Roger Establet.

«C’est un véritable renversement», confirme Martine D’Amours, sociologue et professeure au Département des relations industrielles de l’Université Laval. «Il y a 30 ans, les Québécoises étaient celles qui participaient le moins au marché du travail au Canada. Maintenant, elles sont parmi les plus actives. Le nombre de femmes en emploi ou en recherche d’emploi a doublé depuis 1976!»


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Résultats



Québec

45,9 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

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