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Dossiers chauds

Facultés affaiblies (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 4 Avril 2008

Q › Faut-il dégeler les frais de scolarité? Est-ce que ça réglerait le sous-financement?
R ›
Si les droits de scolarité avaient été indexés au coût de la vie depuis 1968, ils seraient de 3 097 $ par année, plutôt que de 1 700 $. La moyenne canadienne, incluant le Québec, est de 4 643 $. Si les frais étaient de 3 000 $ par année, ça injecterait 350 millions de dollars dans le budget annuel des universités, et plus de 500 millions s’ils étaient au même niveau que la moyenne canadienne.

Q › Alors, c’est réglé!
R ›
Il ne faut pas aligner sauvagement, du jour au lendemain, les frais de scolarité du Québec sur la moyenne canadienne. Mais nous sommes dans une situation où il est temps de procéder à un rattrapage que les gouvernements successifs n’ont pas eu le courage d’amorcer. Il pourrait s’étaler sur plusieurs années et, bien entendu, il faudrait aussi bonifier l’aide financière aux études pour s’assurer qu’on ne laisse personne en plan. Il y a toutes sortes de formules à envisager, comme un impôt supplémentaire après que l’étudiant a obtenu son diplôme… Mais en ne faisant rien, on ne s’en sort pas.

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L’argent ne peut pas venir que des étudiants et des parents. L’ensemble des contribuables doit participer par le biais d’un financement gouvernemental plus important. Les entreprises québécoises doivent également soutenir nos universités par des programmes de bourses, par des fondations et des contrats de recherche. De ce côté, le monde des affaires québécois a encore un bon rattrapage à effectuer par rapport à ce qui se fait ailleurs au Canada.

Q › Est-ce que les Québécois accordent moins de valeur à l’éducation que les Canadiens anglais? Ils semblent plus prompts à dépenser 3 000 $ pour un téléviseur plutôt que pour l’éducation de leurs enfants…
R ›
Les Québécois saisissent aujourd’hui la valeur de l’éducation, mais quand, pendant des années, on s’est fait entrer dans la tête qu’il ne faut pas payer pour étudier, alors son argent, on le prend pour s’acheter une télé. L’opposition des étudiants au dégel est compréhensible.

Un jour, les politiciens font allusion à un gel permanent, puis un autre, ils laissent présager une envolée… Tout ça n’est pas cohérent. Si un plan correct était déposé où chacun mettait l’épaule à la roue pour le refinancement des universités, en expliquant clairement comment la hausse sera modulée et les effets pervers neutralisés, la population québécoise serait prête à aller de l’avant.

Q › Qui doit prendre le leadership pour régler le sous-financement universitaire?
R ›
Comme dans chaque solution, toutes les parties doivent s’impliquer. Le gouvernement du Québec doit réinvestir et le gouvernement fédéral doit augmenter ses transferts pour la recherche. Il appartient aux universités d’accepter de fonctionner à l’intérieur de règles cohérentes et de réviser périodiquement leur mission, afin de s’arrimer aux besoins de la société et à ceux du développement des connaissances. Et n’oublions pas les entreprises et les étudiants.

Q › Vous avez là tous les ingrédients pour organiser un traditionnel sommet!
R ›
Si c’est ce qu’il faut! Ce n’est plus le temps de palabrer. Toutes les statistiques sont là, toutes les études ont été faites, tous les chiffres sont connus et acceptés de tous. Quelqu’un doit se lever et dire : «Mettons-nous à la table!»

Q › Qui peut prétendre à ce leadership présentement?
R ›
Je ne vois pas.


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Situation de l’emploi :
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