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Dossiers chauds

Le grand mystère de la Bourse (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 4 Avril 2008

Ligues majeures

La majorité des entreprises qui émettent des actions au Canada ne le font pas par l’entremise de la Bourse. Par exemple, il n’y a que 1 600 compagnies inscrites à celle de Toronto.

C’est cependant beaucoup plus facile d’attirer de futurs actionnaires au moment d’un premier appel public à l’épargne (donc lorsque la compagnie tente d’attirer du capital pour financer un projet) si l’entreprise est sur le point d’être cotée à la Bourse. Les courtiers utilisent cette arme de séduction pour attirer les investisseurs.

La majorité des entreprises qui émettent des actions au canada ne le font pas par l’entremise de la bourse. par exemple, il n’y a que 1 600 compagnies inscrites à celle de Toronto.

Le hic, c’est qu’on n’entre pas à la Bourse comme dans un moulin. «En échange du service de visibilité qu’elle offre – un peu comme un propriétaire de marché aux puces qui louerait des espaces à des commerçants sur son terrain –, la Bourse exige que l’entreprise fasse ses preuves», souligne Philippe Grégoire, professeur au Département de finance et assurance à l’Université Laval.

Chaque Bourse a ses critères de sélection, plus ou moins sévères selon sa notoriété. Celle de New York, par exemple, est plus difficile d’accès que celle de Toronto. Parmi les étapes conditionnelles à l’admission, les entreprises doivent préparer un prospectus dans lequel elles présentent, entre autres, leur stratégie d’affaires et leurs états financiers à des agences réglementaires – l’Autorité des marchés financiers au Québec ou la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario, par exemple. Une manière de montrer patte blanche.

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Si le prospectus obtient l’aval des autorités, l’entreprise peut alors soumettre son dossier à la Bourse où elle souhaite être cotée. «Tout ce processus coûte trop cher pour la plupart des PME, fait remarquer Marko Savor. Ce qui fait qu’en général, seules les grandes entreprises y ont accès.» À Toronto, la seule demande d’inscription à la Bourse coûte entre 10 000 et 200 000 dollars, selon la valeur au marché de la société.

Les agences réglementaires exigent aussi des frais pour évaluer le prospectus. Sans compter la préparation du prospectus comme tel, qui nécessite tout un bataillon de professionnels aux honoraires salés : avocats en valeurs mobilières, fiscalistes, courtiers. «En tout, les frais atteignent facilement le demi-million de dollars, si ce n’est plus», soutient Sylvain Gauthier, coordonnateur de l’information au Groupe TSX.

Une fois cette course à obstacles complétée, son «titre» sera «coté en Bourse». Une agence de notation financière évaluera ensuite si cette compagnie aura l’honneur de faire partie d’un «indice boursier», comme le Dow Jones à la Bourse de New York, ou le S&P/TSX à la Bourse de Toronto. Pour s’y tailler une place, il faut, entre autres critères, attirer beaucoup d’investisseurs et avoir de solides reins financiers. À la Bourse de Toronto, seules 256 compagnies sur un total de 1 600 inscrites font partie de l’indice.

«Les indices sont une sorte d’électrocardiogramme du marché, une façon pour les investisseurs de tâter le pouls de l’économie jour après jour, en se fiant aux fluctuations de la valeur des actions des plus grandes entreprises», explique François Gagnon.

Toutes les transactions boursières, et qu’on dit de «marché secondaire», se font entre investisseurs. Une fois qu’elle a émis ses actions et empoché son capital, la société ne fait plus vraiment partie du décor. Le fait que le prix de son action fluctue ne lui enlève ou ne lui apporte pas un sou, sauf pour les actions de sa compagnie qu’elle détient elle-même. Désormais, les échanges d’argent ont lieu entre actionnaires.


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