Trouvez un article

Rechercher

Dossiers chauds

Changer de partenaire (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 5 Mai 2008

Si les choses n’avancent pas aussi vite qu’on le voudrait, c’est que plusieurs des 27 membres de l’UE ne voient pas d’un bon œil l’arrivée d’un nouveau joueur, qui de surcroît ne serait pas européen. Pour Patrick Leblond, les Européens ont d’autres chats à fouetter et lorgnent en priorité le dragon chinois. «L’Europe serait peut-être intéressée, mais seulement à un accord avec l’Amérique du Nord, qui lui ouvrirait le marché américain.»

L’Europe peut bien attendre, croit de toute manière Michael Hart, professeur au Centre de droit et de politique commerciale de l’Université Carleton. L’ALE de 1988 avec les États-Unis ayant fait notre prospérité, à quoi bon perdre ses énergies à conquérir de nouveaux marchés? «Tout le monde veut avoir accès au marché américain. Nous y sommes parvenus et c’est le citoyen qui a gagné.»

Pub.

En 2006 les exportations canadiennes en produits et services vers les États-Unis se chiffraient à 398 milliards de dollars, contre des importations de 312 milliards. Des échanges de près de deux milliards par jour et une balance commerciale largement positive qui font foi de tout, juge Michael Hart. «Dire que nous sommes trop dépendants du marché américain c’est comme dire que nous devrions aller au supermarché à l’autre bout de la ville pour faire nos courses, alors qu’il y en a un à deux pas de chez nous.»

Une colonie américaine?

Rentable ou pas, cette relation quasi matrimoniale entre le Canada et les États-Unis trouve ses détracteurs. Pour l’ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau, être le voisin des États-Unis, c’était être une souris partageant le même lit qu’un éléphant.

Dans Uncle Sam and Us (2002), Stephen Clarkson, professeur d’économie politique à l’Université de Toronto, soutient que lorsqu’un pays signe un traité de libre-échange, cela a pour conséquence que ses lois sont en partie modifiées pour qu’elles s’harmonisent avec les normes contenues dans l’accord. Si le pays a indéniablement tiré certains avantages de l’ALENA, cette prospérité a eu un prix : la perte d’une bonne part de notre souveraineté. «Nous faisons aujourd’hui partie de l’hégémonie américaine. Notre histoire est celle d’une colonie : française, britannique et maintenant américaine. C’est dans notre culture politique d’être lié à un pouvoir protecteur et dominant», explique en entrevue téléphonique Stephen Clarkson.

C’est peut-être dans le domaine de l’énergie que se fait sentir avec le plus d’acuité notre dépendance envers les États-Unis. Lors de la signature de l’ALE avec les États-Unis, le Canada a accepté seul la «clause de proportionnalité», qui l’oblige à maintenir constants ses niveaux d’exportation de pétrole vers les États-Unis. Le Mexique a résisté aux pressions américaines et refusé de signer cette clause en 1994, lorsqu’il s’est joint au marché nord-américain.

«Cette clause inacceptable fut une grave erreur», soutient Gordon Laxer, professeur de politique sociale à l’Université de l’Alberta.



Un vieux couple

1854
Le Canada et les États-Unis signent le Traité de réciprocité. L’accord sera abrogé par les Américains en 1866 en représailles à l’appui des Britanniques aux Confédérés pendant la guerre de Sécession.

1911
Wilfrid Laurier s’entend avec les États-Unis pour un nouvel accord de libre-échange, mais il perd les élections et l’accord tombe à l’eau.

1935 et 1938
Mackenzie King signe de nouveaux accords commerciaux avec les États-Unis. Le Canada obtenait la clause de la nation la plus favorisée.

1948
Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT)

1965
Pacte de l’automobile

1988
Accord de libre-échange (ALE)

1994
Accord de libre-échange nord-américain (ALENA)


guide de survie


À quel point aimez-vous votre travail?








Résultats



Québec

42,8 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

NOS AIGUILLEURS