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Dossiers chauds
Olivier Gamache, président du Groupe Investissement Responsable

Bonnes actions

Fondé en 2000 par François Rebello, François Meloche et Sherazad Adib, trois jeunes entrepreneurs, le GIR offre des conseils aux investisseurs qui ne se contentent pas de mesurer leurs placements en fonction de leur rendement.

par Pierre Frisko • Photo : Patrice Bériault


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 6
juin-juillet 2008


Il y a différents moyens de faire fructifier son argent. Le plus simple consiste évidemment à investir là où les rendements sont les plus élevés, sans se soucier des manières dont les entreprises concernées s’y prennent pour obtenir des bénéfices aussi mirobolants.

Certains poussent l’insouciance jusqu’à placer leur bas de laine dans ce qu’on appelle des vice funds, qui lorgnent la pornographie, les casinos, le tabac ou les boissons alcooliques.

D’autres prônent le contraire et misent sur l’investissement responsable, histoire de concilier leurs finances et leur conscience. Olivier Gamache est de ceux-là. Ce qui est un peu normal puisqu’il préside, depuis mars 2007, le Groupe Investissement Responsable (GIR).

À l’époque où il était lui-même gestionnaire de placements, Olivier Gamache a consulté le GIR à la demande de certains de ses clients.

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Et tout comme dans l’histoire de l’homme d’affaires qui avait tellement aimé son rasoir qu’il avait acheté la compagnie, il s’en est porté acquéreur dès que l’occasion s’est présentée, soit au moment où François Rebello a fait le saut en politique active.

Q › Qu’est-ce que l’investissement responsable?
R ›
Investir de façon responsable, c’est tenir compte de préoccupations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) dans la gestion de ses placements. C’est différent de l’investissement traditionnel, qui ne prend pas nécessairement en considération ces aspects dans l’analyse et la prise de décision en matière de placements. L’investissement responsable utilise des stratégies qui peuvent se combiner, comme le tamisage et l’actionnariat engagé.

La première consiste à évaluer les entreprises au moyen de certains critères ESG (par exemple, leurs émissions de gaz à effet de serre, les conditions de travail des employés, la transparence de l’administration) et à s’en tenir aux meilleurs quand vient le temps de choisir où on investit.

La deuxième est de devenir actionnaire d’une entreprise pour utiliser son droit de vote afin de la forcer à changer ses pratiques. Pour qu’elle respecte l’environnement, les droits de l’homme et présente une bonne gouvernance.

Q › Est-ce possible d’investir de façon responsable en achetant des actions de Wal-Mart?
R ›
Ça dépend de la stratégie d’investissement responsable que vous utilisez. Si vous optez pour le tamisage et que vous regardez du côté des droits sociaux ou des droits de l’homme, Wal-Mart n’est pas nécessairement un chef de file, surtout avec les démarches contre la syndicalisation dans plusieurs de ses magasins dans le monde. Selon cette stratégie-là, vous ne seriez pas un actionnaire de Wal-Mart.

Par contre, en optant pour l’actionnariat engagé, vous ouvrez le dialogue avec l’entreprise. Cette stratégie m’apparaît la plus efficace. Il faut donc acheter des actions de Wal-Mart pour faire changer les choses de l’intérieur. Si les actionnaires qui investissent dans Wal-Mart atteignent une masse critique, ils seront en mesure de proposer des changements au sein de la compagnie. S’ils convainquent une majorité d’actionnaires, Wal-Mart n’aura pas le choix de se conformer. À nos débuts, on voyait des investisseurs qui voulaient éviter de faire partie du problème. Maintenant ils veulent faire partie de la solution.


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