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Dossiers chauds
Projet de la rivière romaine

Le grand remous

En septembre dernier, le comédien Roy Dupuis et un groupe d’écologistes faisaient les manchettes en s’opposant à la proposition d’Hydro-Québec d’aménager quatre centrales sur la rivière Romaine.

par Christine Lanthier • Photo : Andrew McMartin


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 10
novembre-décembre 2008


En septembre dernier, le comédien Roy Dupuis et un groupe d’écologistes faisaient les manchettes en s’opposant à la proposition d’Hydro-Québec d’aménager quatre centrales sur la rivière Romaine. Ce projet, disaient-ils, menace l’un de nos derniers grands cours d’eau à l’état sauvage. Mais près de l’embouchure se trouvent huit petites villes pour lesquelles ce projet peut faire la différence entre prospérer ou disparaître. Pierre Cormier, préfet de la MRC de la Minganie et maire de Havre-Saint-Pierre, y va de son plaidoyer.

Q › Qu’est-ce que le projet de la rivière Romaine peut apporter à votre région?
R ›
La construction va s’échelonner sur 11 ans et générera en moyenne 950 emplois par année. Ça équivaut à peu près à 150 000 emplois par année à Montréal. À l’heure actuelle, Havre-Saint-Pierre compte 3 200 habitants. Avec un projet comme celui-là, la population pourrait atteindre au-delà de 4 000 personnes. C’est très intéressant pour un milieu comme le nôtre. Après la construction, on prévoit qu’il nous restera 114 postes permanents. C’est comme si on parlait de 14 000 emplois à Montréal. C’est l’équivalent d’un Bombardier Aéronautique ou d’un Pratt & Whitney.

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Q › Les emplois seront-ils tous occupés par des gens de votre région?
R ›
Non, c’est impossible. À Havre-Saint-Pierre, la majorité des gens travaille déjà. Le manque d’emplois concerne davantage les petites localités avoisinantes. Dans la région au complet, si on obtient 200 emplois sur 950, ça va faire l’affaire de tout le monde. Le reste sera occupé par des travailleurs qui proviendront d’autres chantiers qui vont se terminer. Si de 10 à 15 % d’entre eux décident de s’installer ici pour de bon, on va être bien contents. On construit d’ailleurs des résidences en conséquence. Par la suite, des entreprises vont venir s’installer et ça va créer d’autres emplois. On vise aussi à faire revenir les jeunes qui ont quitté la région.

Q › Et en plus des emplois, qu’est-ce que le projet peut apporter?
R ›
Un projet comme celui-là permettrait l’ouverture du territoire, car il inclut une route de 150 kilomètres vers le nord. À partir de là, plein d’occasions s’offrent aux industries forestière, minière et récréotouristique.

Q › Certains critiques affirment que les gens de votre région se sont fait acheter avec l’octroi, par Hydro-Québec, de redevances de 100 millions de dollars sur 50 ans. Que leur répondez-vous?
R ›
Les négociations avec Hydro-Québec n’ont pas été faciles. Ça fait huit ans qu’on parle de ce projet. Tout au long, nous étions conscients que si Hydro-Québec voulait venir dans la région pour harnacher la rivière Romaine, c’est parce que c’est avantageux pour eux, donc pour le Québec. Mais c’est dans notre territoire et ça se paye! Je pense qu’on a été chercher le maximum qu’on pouvait obtenir. Indépendamment des redevances, le seul fait d’obtenir 950 emplois est déjà intéressant. On ne s’est pas fait acheter.

Q › Qu’est-ce qui vous fait croire que les impacts environnementaux ne seront pas si dommageables?
R ›
La rivière ne s’en ira pas. Au contraire, elle va rester là ad vitam æternam, et en plus, on va aller y chercher une importante source d’énergie. L’hydroélectricité, c’est une ressource renouvelable, une ressource propre.

Q › Il va quand même y avoir du territoire inondé.
R ›
C’est vrai. Mais la superficie sera équivalente à celle inondée par le barrage SM3 (NDLR : environ la taille de l’île de Laval), qui produit moins d’énergie que ce qui est prévu sur la rivière Romaine.

Aussi, la menace du mercure dans l’eau des réservoirs est exagérée. Dans la région Manicouagan-Uapishka, il y a neuf barrages hydroélectriques et des sociétés forestières en activité depuis 100 ans. Or, cette région a été déclarée Réserve mondiale de la biosphère par l’UNESCO. Ce n’est sûrement pas parce qu’elle est polluée! Je ne comprends pas cette opposition systématique au développement des rivières. À Havre-Saint-Pierre, on a fêté 150 ans d’histoire l’année passée. Si on n’est plus là, qui va venir occuper le territoire?


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Québec

42,8 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

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