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Dossiers chauds

Le grand remous (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 10
novembre-décembre 2008

Q › Vous pensez que votre communauté va disparaître?
R ›
Sur huit municipalités de la MRC, sept sont dévitalisées. Si le projet n’a pas lieu, dans une dizaine d’années, il n’en restera peut-être plus que quatre ou cinq. On perd nos jeunes parce qu’on n’a pas d’emplois intéressants à leur offrir.

Q › Les 950 emplois promis concernent quels métiers?
R ›
Il va y avoir toutes sortes d’emplois : des opérateurs de machinerie lourde, des mécaniciens, des menuisiers, des électriciens, des techniciens, des agents de sécurité…

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Q › Et est-ce que les gens de votre région sont assez qualifiés pour les occuper?
R ›
En majeure partie, oui. Et ceux qui ne le sont pas sont en train de suivre une mise à niveau. À l’heure actuelle, la Commission scolaire de la Moyenne-Côte-Nord, située à Havre-Saint-Pierre, donne plusieurs formations spécialisées, pour devenir maçon par exemple. Ça fait huit ans qu’on travaille sur ce projet-là.

Q › Selon vous, la rivière Romaine appartient-elle aux gens de la Côte-Nord ou à l’ensemble des Québécois?
R ›
La Romaine nous appartient parce qu’on vit dans la région. Nous n’avons pas eu à décider du sort de l’autoroute 30, du métro de Laval ou du CHUM, et c’est tout à fait normal. Or, ce projet arrive chez nous. Il nous appartient en premier de prendre une décision. Mais chose certaine, cela va avoir des répercussions sur l’ensemble des Québécois. Hydro-Québec s’attend à des retombées économiques de 3,5 milliards de dollars au Québec.

Q › Et si les Québécois s’exprimaient majoritairement contre ce développement-là, comment réagiriez-vous?
R ›
Je ne pense pas que les Québécois sont rendus là. Je ne pense pas qu’ils soient prêts à fermer une région pour sauver une rivière.

Q › Avez-vous déjà exploré la rivière Romaine?
R ›
Non. Roy Dupuis et son groupe l’ont fait, mais s’il n’y avait pas eu ce projet à l’ordre du jour, on ne les aurait probablement jamais vus. C’est de l’opposition pour de l’opposition, et ça fait mal. On nous demande de nous prendre en main, et quand des occasions se présentent à nous, on nous met des bâtons dans les roues. C’est dur pour les gens du milieu; ce qu’ils veulent, c’est gagner leur vie.

« C’est de l’opposition pour de l’opposition, et ça fait mal. On nous demande de nous prendre en main, et quand des occasions se présentent à nous, on nous met des bâtons dans les roues. »
— Pierre Cormier, préfet de la MRC de la Minganie et maire de Havre-Saint-Pierre

Q › Qu’est-ce que ça représente pour vous cette rivière-là?
R ›
C’est une belle rivière et elle va continuer d’être belle. En plus, elle va offrir une valeur ajoutée à la région et au reste du Québec.

Q › Selon les écologistes, il s’agit de notre dernière grande rivière à l’état sauvage. Que leur répondez-vous?
R ›
Il y a 4 500 rivières au Québec. La Romaine va être la 74e à être harnachée. Ça représente moins de 2 % des rivières de la province.

Q › Se peut-il que ce ne soit pas si intéressant pour le Québec en entier? A-t-on vraiment besoin d’autres barrages pour répondre à nos besoins énergétiques?
R ›
Les Québécois ont intérêt à développer cette ressource renouvelable et propre. Si on réussissait à faire fermer les usines au charbon américaines grâce à nos barrages, ce serait un progrès. Et en plus ce serait de l’argent neuf qui entrerait au Québec et que l’on pourrait destiner à la santé, à l’éducation et à tout ce qu’on veut.

Q › Admettons que le projet se réalise. Comment voyez-vous votre région dans 10-15 ans?
R ›
On commence déjà à faire du développement. On vient d’ouvrir un secteur résidentiel d’une centaine de maisons. On a fait un agrandissement pour accueillir une trentaine d’habitations supplémentaires dans notre parc de maisons mobiles. On agrandit notre parc industriel. Les gens attendent que ça se fasse.

Q › Si ça marche, se peut-il que la région continue de dépérir quand même?
R ›
Loin de là. Plein de gens originaires de la région et qui étaient partis attendent qu’un projet comme celui-là s’enclenche pour revenir. Le sentiment d’appartenance est énorme. Sauf qu’ils ne viendront pas tant qu’il n’y aura pas de travail.

Q › Et si ça n’a pas lieu?
R ›
Il faut que ça marche.


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Résultats



Québec

42,8 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

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