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Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 10
novembre-décembre 2008

Partir, revenir

Du côté de l’industrie de la construction, l’idée de faire tomber les barrières est plus populaire. «Il est évident que cette entente est avantageuse pour nous, surtout avec l’ouverture de chantiers importants en Colombie-Britannique, comme ceux pour les Jeux olympiques de 2010, dit Sylvain Gendron, président-directeur général du Syndicat québécois de la construction (SQC). Il faut tout mettre en œuvre pour reconnaître les compétences.»

«Dans certaines provinces, comme l’Alberta, il y a d’énormes pénuries de travailleurs et les Québécois ont là-bas une bonne réputation, confirme Benoît Maher. Je surveille les occasions d’emploi et, dès que quelque chose se présentera, je partirai.» Par contre, il ne s’agira pas pour lui d’un exil définitif. Il espère simplement pouvoir pratiquer son métier pour un temps dans des conditions bien meilleures qu’au Québec.

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Le caractère temporaire des exils fait d’ailleurs partie des arguments avancés par le SQC pour rassurer ceux qui craignent un exode massif. «Il y a des corps de métiers qui ont des clientèles très stables et qui n’ont aucun intérêt à partir, dit Sylvain Gendron. Dans les autres, selon ce que nous avons déjà observé grâce aux précédents accords de mobilité, beaucoup de travailleurs partent pour l’expérience, mais la majorité revient.»

À bas le corporatisme!

Jocelyn Dumais, président de l’Association pour le droit au travail (ADAT), qui lutte depuis des années pour l’assouplissement des normes sur les chantiers québécois et contre la syndicalisation obligatoire dans le domaine de la construction, comprend l’attrait qu’exercent les autres provinces sur certains travailleurs d’ici. «Le Québec est tellement limitatif en matière d’échelles salariales que ça ne m’étonne pas que les professionnels quittent pour des revenus plus élevés», dit-il.

On pourrait croire les Québécois moins mobiles, puisqu’ils ne maîtrisent pas l’anglais. Or, ce n’est plus tout à fait vrai.

Le président de l’ADAT déplore aussi le fait que les ordres professionnels contraignent souvent les néo-Québécois qualifiés à refaire toute leur scolarité pour être autorisés à pratiquer et que les syndicats imposent de longues périodes d’apprentissage à la jeune relève.

Le cas de Rémi Messier, 23 ans, illustre bien la disparité des pratiques d’emploi entre les provinces. Le jeune homme a travaillé pendant 15 mois comme magasinier à Fort McMurray sur des plateformes pétrolières. Cet emploi ne requiert aucune qualification, que ce soit en Alberta ou au Québec. De retour ici depuis à peine deux mois, il est tenté de repartir. «Surtout que l’on m’offre une belle occasion là-bas», dit-il. Son patron de Fort McMurray lui propose d’apprendre le métier de chaudronnier tout en conservant son salaire de magasinier, qui culmine à 65 000 $ par année. Au Québec, un apprenti chaudronnier gagne 45 760 $ et il lui faut un diplôme pour travailler…

Bien qu’il trouve l’entente sur la mobilité de la main-d’œuvre encore imparfaite, Jocelyn Dumais encourage sa ratification. «Tant que le gouvernement du Québec ne changera pas sa réglementation en assouplissant les normes salariales et les conditions d’emploi, je ne vois pas ce que l’on pourra en obtenir, dit-il. On doit la signer, mais pas fermer le dossier.»

Un meilleur accès aux emplois d’est en ouest effleure aussi la question linguistique. On pourrait croire les Québécois moins mobiles, puisqu’ils ne maîtrisent pas l’anglais. Or, ce n’est plus tout à fait vrai, avance Lina Bonamie. «La barrière de la langue concerne les gens qui ont plus de 40 ans. La relève est bilingue ou a du moins un anglais fonctionnel.»

Les intéressés peuvent s’entraîner à dire Here’s my «résumé».


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Résultats



Québec

45,9 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

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