Dossiers chauds

Où va votre salaire? (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 1
janvier 2009

Gare aux dettes

Mais afin d’épargner pour l’avenir, il faut avoir réussi à payer nos achats du passé, faits à crédit. Pour plusieurs Québécois, cela ne sera pas facile. Nos dettes de consommation (excluant l’hypothèque) atteignaient en moyenne 14,3 % de notre revenu annuel après impôts en 1982. En 2007, c’était 36,2 %.

Cet indicateur, appelé taux d’endettement, doit cependant être interprété avec précaution, selon Mario Couture, économiste principal à la vice-présidence études économiques au Mouvement Desjardins, puisqu’il ne tient pas compte des actifs détenus par les ménages. «Les actifs des Québécois ont connu une hausse impressionnante au cours de la dernière décennie. Si tous les ménages québécois vendaient tout et payaient leurs dettes aujourd’hui, il leur resterait encore la valeur équivalant à 80 % de leurs actifs», résume-t-il.

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Ceci dit, on ne peut esquiver la réalité quand arrive le compte VISA ou MasterCard. «Acheter à crédit quand on manque de liquidités ne semble jamais affecter le budget sur le coup, dit Lise Morin, conseillère budgétaire à l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) de l’est de Montréal. Toutefois, verser les paiements minimums sur une carte de crédit représente une perte de pouvoir d’achat bien réelle, puisque l’on paye tout plus cher que la valeur originale.» Pour nombre de consommateurs, il est très difficile de se libérer du piège du crédit facile.

Faire un quoi? Un budget?

«Même si le ralentissement économique se fera moins sentir ici qu’aux États-Unis, il aura certainement pour effet de nous inciter à réduire un peu notre consommation», affirme Benoit Duguay, professeur à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM et auteur des ouvrages Consommation et image de soi et Consommation et luxe (Éditions Liber). Soit, mais pour réduire sa consommation intelligemment, il faut analyser ses dépenses et prendre les décisions qui s’imposent. C’est ce qui s’appelle faire un budget.

«Les gens appréhendent le budget comme les diètes, admet Isabelle Thibeault, conseillère budgétaire à l’ACEF du sud-ouest de Montréal. Il faut faire des choix, et choisir c’est aussi refuser. Pas facile dans notre société! Mais cela nous permet d’aller où nous voulons, et non pas là où les boîtes de marketing veulent bien nous amener.»

«Plus que tout, vivre en dessous de ses moyens procure la paix d’esprit», dit Lise Morin. Et à ceux qui préfèrent malgré tout vivre dans l’insouciance, elle sert un argument des plus pragmatiques. «L’idée de devoir retourner travailler à 65 ans par manque de prévoyance, ce n’est pas très attrayant!»

«Peut-être qu’il serait temps que le budget et l’épargne reviennent à la mode», ajoute Christian Bourque. Pour plusieurs d’entre nous, le moment semble très bien choisi.

Sources :

Léger Marketing (sondage sur les familles de la classe moyenne au Québec, réalisé pour le Journal de Montréal, TVA et 98,5 FM au mois d’août 2008).

Altus Géocom (sondage «Les comportements d’achat des Québécois», réalisé pour le Conseil québécois du commerce de détail aux mois d’août et de septembre 2008).

Statistique Canada.

Fédération des chambres immobilières du Québec.

Société canadienne d’hypothèques et de logement.

Institut de la statistique du Québec.

Régie de l’énergie du Québec.

Harris/Décima (sondage réalisé pour ING Direct au mois d’août 2008).

Euromonitor International (rapport de recherche «Clothing and footwear in Canada», publié en août 2007).


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Résultats



Québec

37,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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