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Dossiers chauds

Récession : Sam Hamad est confiant

Récession, déficits budgétaires, mauvaise intégration des immigrants, trou béant dans les finances du régime québécois d’assurance parentale, rien ne semble entamer la bonne humeur du ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad.

par Éric Grenier | photo : Maude Chauvin


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 5
mai 2009


















Il se montre particulièrement satisfait de son Pacte pour l’emploi, en marche depuis un an. À l’origine, cette macédoine de mesures pour former les chômeurs et les assistés sociaux et reconnaître leurs acquis avait été créée pour pallier la pénurie de main-d’œuvre. On avait prévu qu’il en coûterait un milliard sur trois ans, dont 500 millions avancés par les employeurs. Or, le ministre croit que son pacte est tout aussi adapté à la tempête économique qui secoue le marché de l’emploi. La preuve : son gouvernement y rajoute une couche de 500 millions – tablant sur une enveloppe de 400 millions qu’Ottawa n’a toujours pas annoncée – et le rebaptise Pacte pour l’emploi Plus, afin d’en élargir la portée à une plus grande clientèle.

Sam Hamad se veut persuasif : ces mesures permettront de maintenir le taux de chômage sous les 10 % au Québec, contrairement à l’avis de certains économistes qui prévoient un chômage au-dessus de cette barre psychologique. De novembre à mars derniers, le taux de chômage est passé de 7,1 % à 8,3 %. L’avenir dira si le ministre a tort ou raison.

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Q › Parmi les outils que vous mettez de l’avant, il y a le Pacte pour l’emploi que vous avez bonifié. Or, il a été créé pour régler le problème de la pénurie de main-d’œuvre. Comment peut-il être une réponse efficace à la récession?
R ›
Le Pacte pour l’emploi a déjà permis de réduire de 6 000 le nombre d’assistés sociaux et de former 250 000 travailleurs dans 9 200 entreprises. Nous disposons donc d’une série de mesures qui a fait ses preuves; il fallait simplement la bonifier. Cela nous permet de réagir plus rapidement que les autres provinces, qui doivent mettre des programmes en place, établir des paramètres, embaucher du personnel, et tout.

Q › Un an après la mise en œuvre du Pacte, seulement 6 000 assistés sociaux ont trouvé un emploi, sur les 50 000 prévus au bout des trois ans. Vos mesures sont-elles si efficaces?
R ›
Le Pacte a réellement pris effet en septembre dernier. Cette réduction du nombre d’assistés sociaux a été réussie dans un contexte économique difficile. Avec la nouvelle version du Pacte, notre objectif est qu’aucun des nouveaux chômeurs ne se retrouve à l’aide sociale. Nous encourageons leur perfectionnement, avec des prestations équivalentes à celles de l’assurance-emploi jusqu’à concurrence de 36 mois, afin qu’ils puissent rebondir le plus rapidement possible.

Avec d’autres mesures, comme le programme SERRE (mesure de soutien aux entreprises à risque de ralentissement économique), nous cherchons à éviter les pertes d’emplois en subventionnant la formation de travailleurs. Ainsi, les employés se perfectionnent à peu de frais pour l’employeur et rendront l’entreprise encore plus productive quand les affaires reprendront.

Q › Il y a des mesures pour les chômeurs âgés et les jeunes sans formation. Que faites-vous des jeunes hautement diplômés mais trop souvent les premières victimes des mises à pied parce que les derniers embauchés? On les renvoie sur les bancs de l’école?
R ›
J’ai trois diplômes universitaires et j’ai toujours suivi des cours de formation. Ce n’est pas parce qu’on a terminé ses études qu’on a fini d’apprendre. Retourner à l’école est la meilleure façon de se prendre en main quand on a malheureusement perdu son job.

Q › Le gouvernement du Québec aurait-il encore la marge de manœuvre pour stimuler l’emploi si la situation s’aggravait?
R ›
Nous allons tout faire pour venir en aide aux travailleurs et nous y parviendrons. Nous prévoyons un taux de chômage à 9 % cette année pour le Québec. C’est le même taux de chômage qu’en 2004, et nous n’avons éprouvé aucune difficulté à faire face à nos obligations cette année-là.

Q › La pénurie de main-d’œuvre qu’on annonce depuis dix ans est-elle encore source de préoccupation majeure malgré la crise?
R ›
Les employeurs éprouvent toujours de la difficulté à trouver une main-d’œuvre qualifiée. La plupart des chefs d’entreprise que je rencontre ne me parlent pas de la crise, mais des besoins de main-d’œuvre. Cette situation les inquiète à la fois pour l’immédiat et pour l’après-crise. La crise peut forcer certains travailleurs à retarder leur retraite, mais certainement pas tous les 465 000 qui y auront droit. Alors le problème de la relève reste entier.


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Résultats



Québec

42,8 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

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