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Q › Une des mesures proposées par votre gouvernement pour faire face à cette pénurie est d’augmenter le nombre d’immigrants de 45 000 à 50 000 par année. Or, le marché de l’emploi québécois les intègre très mal. Leur taux de chômage est de 16 points de pourcentage plus élevé que celui des autres travailleurs, contre 6 points seulement en Ontario. Quel est le problème?
R › Avec un taux de chômage plus élevé présentement en Ontario qu’au Québec, je ne suis pas sûr que l’Ontario intègre si bien ses immigrants en ce moment… Nous avons mis sur pied plusieurs mesures d’intégration, comme la reconnaissance des diplômes et des compétences, des cours de francisation pour les immigrants déjà présents. On a resserré nos critères de sélection, notamment en imposant la connaissance du français. À leur arrivée, les immigrants doivent faire face à une période d’adaptation et d’intégration, mais au bout de quelques années, les statistiques démontrent qu’ils ont des revenus supérieurs à la moyenne québécoise.
Q › Est-ce que le manque de connaissance du français des immigrants pose un problème majeur?
R › Non.
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Q › Et le manque de connaissance de l’anglais?
R › La connaissance de l’anglais, c’est un autre enjeu. Un grand nombre d’entreprises québécoises font des affaires à l’échelon international et cherchent une main-d’œuvre bilingue. Par exemple, à Québec, le premier défi des employeurs est de trouver des candidats bilingues.
Q › Est-ce que les fonctionnaires de l’immigration mentionneront aux futurs immigrants qu’ils doivent être bilingues pour réussir au Québec?
R › Non. Ce qu’il faut pour travailler au Québec, c’est parler français. Il n’est pas obligatoire d’être bilingue, même si maîtriser l’anglais est une qualité.
Q › Pourtant, les employeurs exigent le bilinguisme…
R › Ça dépend où vous travaillez, quel emploi vous occupez. C’est une qualité de parler l’anglais, mais la langue du travail au Québec, c’est le français. Dans une entreprise qui exporte en Amérique du Sud, c’est un avantage de parler l’espagnol. Dans une entreprise qui travaille avec la Chine, c’est important de parler le chinois. Chaque emploi a ses critères.
Q › Quel est le plus grand obstacle à l’intégration des immigrants?
R › Notre plus grand défi en la matière, c’est de faire reconnaître leurs diplômes.
Q › Et d’où vient cet obstacle?
R › Il y a des ordres professionnels qui exigent des compétences et des connaissances particulières, dans le but de protéger le public. Notre défi au gouvernement, c’est de concilier la protection du public avec la reconnaissance des diplômes étrangers. La signature de l’entente avec la France l’automne dernier sur la reconnaissance des diplômes, une première dans l’histoire de l’Amérique du Nord, est une grande réalisation en ce sens.
Q › Votre gouvernement a été obligé de débourser 300 millions de dollars simplement pour subvenir aux besoins immédiats du Régime québécois d’assurance parentale. Jusqu’à quel point ce régime est-il viable?
R › Le Québec a connu une augmentation spectaculaire du nombre de naissances, de sorte que le Régime est victime de sa popularité. Nous assurerons sa pérennité, parce qu’il répond aux besoins des parents d’aujourd’hui. Oui, les cotisations augmentent chaque année, mais c’est pour éviter un choc qui surviendrait si on les augmentait d’un seul coup après plusieurs années de gel. On parle d’une hausse qui va de 1 cent à 50 cents selon les cotisants. Mais ce régime est avant tout une responsabilité collective. Si on veut avoir une main-d’œuvre suffisante dans l’avenir, il faut que tout le monde travaille à rétablir un taux de natalité acceptable. Ces jeunes qui naissent aujourd’hui paieront votre retraite plus tard, vous devriez être content.