Un précepte populaire en Israël veut que ses citoyens soient avant tout des soldats, en permission 11 mois par année. Après leur service militaire obligatoire, ils doivent suivre une mise à jour annuelle d’environ 30 jours, et ce, jusqu’à l’âge de 55 ans pour les hommes et de 50 ans pour les femmes. Quand une guerre éclate, comme ce fut le cas à Gaza en janvier dernier, ils sont donc fin prêts à partir au front.
Comme tous ses concitoyens, Arie Levy a une double vie. Dans le civil, il est représentant de la Communauté juive de Montréal en Israël. Mais une fois dans la réserve de l’armée, il devient opérateur de machinerie lourde. En cas d’attaques aux missiles, il doit récupérer les gens sous les décombres des édifices ayant explosé. Une manœuvre délicate à laquelle il s’exerce 30 jours par année sur une base militaire. «Avec la pelle d’un bulldozer, je soulève des morceaux de béton sous lesquels se trouvent des poupées gonflables. J’adore ça! Je me sens comme un petit garçon qui joue avec ses Tonka.»
Pendant ces quatre semaines, il reçoit une allocation équivalente à son salaire habituel, financée par le budget de la Défense nationale. Ainsi, dans la réserve comme dans la vie normale, tous ne sont pas égaux. Un avocat, par exemple, est mieux payé qu’un éboueur durant ses obligations militaires.
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Les employeurs, eux, n’ont pas leur mot à dire quand un de leurs salariés est réquisitionné par l’armée. Selon la loi, ils n’ont pas le droit de licencier quiconque sous ce prétexte.
«De toute façon, les périodes de réserve sont prises en compte par les entreprises lorsqu’elles fixent leurs délais de production et de livraison, affirme Jacques Bendelac, économiste et chercheur en sciences sociales à Jérusalem. Certes, cela peut représenter un manque à gagner, mais il est récupéré par la suite, lorsque les travailleurs reviennent au boulot.»
Et en temps de crise, tout le monde s’entraide, note Franck Azoulay, directeur de mission pour le Comité Canada-Israël. Pendant la guerre à Gaza, au début de l’année, il a été appelé par l’armée. Il avait la responsabilité de transmettre des consignes de sécurité aux résidents des villes du sud d’Israël frappées par les tirs de roquettes.
«Durant mon absence du bureau, mes collègues ont accepté des responsabilités supplémentaires afin que les activités se poursuivent normalement.» Des voisins ont aidé sa femme, qui était restée seule avec leurs trois jeunes enfants. Étudiante à l’université, celle-ci a eu droit à l’aide gratuite d’un tuteur afin de rattraper les cours qu’elle avait manqués. Elle a même pu reporter ses examens sans pénalité.
Selon la loi, les Israéliens ne doivent subir aucun préjudice économique découlant des périodes de réserve ou d’une participation à un conflit. Mais certaines études évaluent tout de même les pertes financières à 1 700 $ CA par soldat, en moyenne. En frais de cellulaire, de gardiennage, de transport, de nourriture (l’armée n’étant pas réputée pour sa gastronomie, certains se payent quelques petites douceurs pour compenser…).
Sources : Site Internet du ministère des Affaires étrangères d’Israël; site de nouvelles économiques israélien TheMarker.
Le séjour en Israël de Marie-Hélène Proulx a été organisé et payé par le comité Canada-Israël.
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