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Dans le cadre du procès criminel ouvert le 14 septembre dernier et toujours en cours.

Avant de devenir le numéro deux de Norbourg en 2002, Beugré a raffiné ses talents de stratège financier à la Banque nationale de Paris (devenue PNB- Paribas). Dès sa nomination comme vice-président et directeur général de Norbourg Services Financiers, il devient un des alter ego de Lacroix. Ses contacts en Europe permettent notamment à l’empire Norbourg d’étendre ses activités outre-mer.
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Ce titulaire d’une maîtrise en finances de l’Université de Sherbrooke serait aussi un oiseau de nuit : sous serment, Vincent Lacroix l’a identifié comme l’un des membres du commando chargé de produire de façon industrielle des documents falsifiés après les heures de bureau, jusqu’au petit matin. Un manège qui visait à satisfaire les inspecteurs de la Commission des valeurs mobilières du Québec (CVMQ, devenue l’Autorité des marchés financiers). Malgré ses grandes facultés intellectuelles et sa fine connaissance des milieux financiers, il jure n’avoir rien compris de cette mascarade, ni en avoir saisi l’objectif.
Dans une poursuite intentée contre lui, le syndic de faillite de Norbourg réclame 656 000 $ obtenus, selon les demandeurs, «sans droit, illégalement et en fraude».
Même s’il a démissionné de toutes ses fonctions chez Norbourg au lendemain du début de l’enquête de l’Autorité des marchés financiers, en octobre 2004, Norbourg et Vincent Lacroix lui ont versé plus de 357 000 $ dans les mois suivants, dont 110 000 $ entre les 15 et 17 novembre 2004 seulement.
Lors de la perquisition du 25 août 2005 dans les locaux de Norbourg, Jean Renaud s’est évanoui à la vue des policiers, qui lui intimaient l’ordre de ne plus toucher à son clavier d’ordinateur. Selon Philippe Terninck, ancien vice-président aux affaires corporatives de Norbourg et auteur de Dans l’antre de Norbourg (Éditions voix parallèles), Renaud travaillait à ce moment précis à une fausse déclaration d’impôts volontaire de 60 millions de dollars pour Vincent Lacroix (cette pratique permet à un citoyen en défaut face au fisc de régulariser sa situation). Objectif : camoufler au fisc le fait que les millions dépensés par Norbourg étaient l’argent des épargnants.
Employé du ministère des Finances en congé sans solde à partir de 2004 (il a été congédié en 2008), Renaud travaille sous les ordres de Vincent Lacroix de 2004 jusqu’en août 2005, comme consultant en tout et n’importe quoi. Pour ses services, il reçoit environ 460 000 $, directement ou par sa société Expert-Conseil inc.
Toutefois, des traces de Renaud existent chez Norbourg depuis 2001. À cette époque, il fait la promotion pour le ministère des Finances d’un programme de crédits d’impôts devant favoriser le développement d’une industrie de gestion de fonds au Québec.
Lors d’un salon d’épargne, il croise Vincent Lacroix, qui lui demande, en souvenir du bon vieux temps (ils ont étudié ensemble à l’Université de Sherbrooke), de l’aider à obtenir le plus de crédits possible pour Norbourg. Lacroix s’attend à recevoir 500 000 $... il en obtient un million. Selon Vincent Lacroix, Renaud a récolté 100 000 $ pour ses services, une somme que le pdg de Norbourg appelle son «ticket à l’entrée» pour ce programme fort généreux à son endroit.
Renaud est aussi poursuivi au civil par le syndic de faillite de Norbourg pour 421 000 $. Par ailleurs, il fait l’objet d’une poursuite pour fraude fiscale dans une affaire n’ayant aucun lien avec Norbourg. Il aurait été au cœur d’un réseau de petites firmes qui prétendaient faussement exploiter des sites de planification financière et aurait obtenu illégalement des déductions fiscales.