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Reconnu en 2001 comme le meilleur gestionnaire de fonds au Québec, Boisvenue s’est joint à Norbourg en 2004, impressionné qu’il était par la qualité de l’entourage de Lacroix (!). En 2004, il a cédé à Norbourg ses firmes de gestion de fonds, SPA et Services financiers Dr, dont la clientèle était majoritairement composée de médecins. En échange de quoi il a reçu 4,3 millions de dollars, une somme jugée nettement trop généreuse par le milieu financier.
Les clients de Boisvenue ignoraient toutefois que leur argent était désormais à la portée de la main baladeuse de Vincent Lacroix. En effet, la vente des sociétés de Boisvenue n’a été annoncée que plusieurs mois après la transaction, et en des termes qui divergeaient de la réalité : on faisait état d’une «fusion» et non d’une acquisition. Cette transaction a permis à Vincent Lacroix de puiser à même les économies des clients de Boisvenue afin, entre autres, de payer ses arrérages personnels envers le fisc (une facture de sept millions de dollars) et de s’offrir une auberge à Magog.
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En sa qualité de démarcheur et d’ami d’enfance de Lacroix, il a apporté au moulin de Norbourg plusieurs comptes clients, dont ceux de 13 représentants aujourd’hui poursuivis par l’AMF pour conflit d’intérêts dans le dossier de Norbourg. Une activité qui lui a valu des émoluments de 566 000 $ entre 2002 et 2005. Toujours à la même période, son démarchage à l’international lui a permis d’obtenir un autre demi-million de dollars, versé à sa demande non pas à son nom, mais à celui de Dominion Investments, à Nassau, aux Bahamas, révèle l’interrogatoire de Lacroix par des juricomptables. Il s’agit de la firme du Québécois Martin Tremblay, reconnu coupable de blanchiment d’argent aux États-Unis.
Vincent Lacroix lui a par ailleurs prêté 200 000 $ en 2004 afin qu’il puisse se construire un nid douillet à Magog, étant donné qu’aucune institution financière n’a voulu prendre le risque de lui faire crédit. Tous ignorent, Vincent Lacroix compris, si le prêt a depuis été remboursé.
Streel était un habitué des légendaires équipées de Team Norbourg en Suisse, où à sept ou huit occasions, la bande à Vincent a dépensé plus de 47 000 $ au Dancing Embassy de Fribourg, un club de la trempe de Chez Parée, doublé d’un hôtel. Lors d’une de ces tournées suisses en 2002, Streel, Lacroix, Asselin, Beugré et comparses étaient accompagnés de deux jeunes dames salariées de Chez Parée, chaperonnées par Gilles Hallé, un portier du club aussi chauffeur et homme à tout faire de Vincent Lacroix.