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Vice-président à la conformité à l’automne 2004, il est promu vice-président aux finances en juin 2005, en remplacement d’Éric Asselin, quelques semaines avant que le scandale n’éclate. Tout comme ce dernier, il est un ancien employé de la CVMQ, analyste en fonds communs de placement. Dès son embauche, il doute. Ainsi, après avoir réussi à déjouer les systèmes informatiques de la société – on lui en interdisait l’accès, malgré ses hautes fonctions –, il découvre, en juillet 2005, des transferts de fonds considérables qui lessivent ses dernières illusions : il porte plainte à la GRC, laquelle lui demande de demeurer en poste pour ne pas compromettre l’enquête déjà en cours depuis la signature du contrat de délation avec Asselin.
Sentant qu’il y avait anguille sous roche, cet ami intime de Lacroix et ingénieur de formation recyclé dans la planification financière a démissionné de Norbourg en 2001. L’absence de réunions des conseils d’administration de différentes filiales de Norbourg ne lui disait rien de bon. Mais Lacroix l’a fait «travailler» pendant plusieurs années encore… Il est demeuré officiellement à l’un des conseils d’administration de Norbourg, à son insu, jusqu’au 25 septembre 2002, alors que Vincent Lacroix faisait produire de fausses résolutions imitant sa signature. Lacroix lui a même fabriqué une fausse lettre de démission, afin de faire croire qu’il était parti plus tard qu’en réalité. Gabor Mathyas a été l’un des actionnaires fondateurs de la société, ayant injecté son argent et celui de ses proches dans trois fonds de Norbourg pour permettre leur démarrage, en 1999. Il a réussi à éviter la débandade de 2005 en retirant tous ses placements et ceux de ses proches, quelques années auparavant.
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Ce spécialiste en stratégies de placement aurait pu gagner un salaire dans les six chiffres dans n’importe quelle autre entreprise, mais «l’occasion Norbourg», il y croyait tellement qu’il a accepté un salaire annuel de 32 000 $ à son entrée en 2000. Que les stratégies de placement qu’il avait lui-même développées puissent être mises à l’épreuve le réjouissait : «J’avais confiance en mes moyens, je faisais ce que je voulais avec ma carrière», a-t-il témoigné lors du procès pénal de Vincent Lacroix. Mal lui en prit, car ce sont ses modèles d’investissement qui permettaient à Norbourg d’avoir l’air en règle devant un gros client institutionnel, dont une des unités financières avait investi 20 millions dans Norbourg. Par la suite, bien que son salaire n’ait pas réellement augmenté, il a reçu suffisamment de bonis liés à sa performance pour compenser, soit plus de un million de dollars entre 2000 et 2005. Il a toutefois perdu les 400 000 $ qu’il avait placés dans Norbourg.