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Ce libéral notoire et candidat malheureux aux élections fédérales de 2004 a agi cette même année à titre de conseiller externe auprès de Norbourg, après que celle-ci eut acquis Teraxis, la société qu’il dirigeait, de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Selon les prétentions de Lacroix, c’est cette transaction qui aurait coulé Norbourg et l’aurait poussé à commettre l’irréparable. Le syndic de faillite a récupéré 150 000 $ des 300 000 $ qu’a reçus Fragasso pour ses services chez Norbourg durant cette année électorale. De plus, pendant cette même période, de nombreux chèques de 5 000 $ faits à l’ordre du Parti libéral du Canada, et signés par plusieurs membres de l’entourage de Vincent Lacroix, ont été versés en soutien à la campagne de Fragasso, qui a toujours clamé en avoir ignoré l’existence. En décembre 2004, le PLC a remboursé 20 000 $ à Norbourg. Depuis, Fragasso a des problèmes avec le fisc concernant les 300 000 $ de revenus qu’il a tirés de Norbourg.
«Pas très structuré.» C’est en ces termes qu’il a qualifié Vincent Lacroix, son ancien étudiant à l’Université de Sherbrooke lors du procès au pénal de Lacroix en 2007. Le professeur d’économie a aussi supervisé le futur patron de Norbourg lorsqu’il débutait dans les années 1990 à la Caisse de dépôt et placement.
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Ne détenant pas personnellement de permis pour gérer certains types de fonds, Lavallée s’est investi dans l’aventure de Vincent Lacroix afin d’exercer ses talents de gestionnaire avec la licence de Norbourg. Jouissant d’une réputation béton dans le milieu de la finance, affable, il n’aime pas la chicane. De sorte que malgré sa démission à titre de président de différentes compagnies de Norbourg, il est demeuré au sein de la société comme simple gestionnaire de fonds. Il a géré l’un des seuls fonds rentables – sinon le seul – de Norbourg. Dans les heures avant la descente policière du 25 août 2005, Vincent Lacroix s’apprêtait à lui retirer ce mandat afin d’en prendre le contrôle et de le vider, selon Philippe Terninck. Par contre, ses REER et ceux de son épouse, investis dans Norbourg, ont moins bien fait : ils font partie des 115 millions de Norbourg évaporés.
Ce comptable irréprochable, responsable de la tenue des registres concernant les transactions avec les clients de Norbourg, a eu le choc de sa carrière quand il a constaté après coup qu’il avait compté de l’argent… qui n’existait pas. Ainsi, après avoir obtenu le mandat de la firme Ernst & Young de faire la lumière sur l’état réel des fonds gérés par Norbourg après les perquisitions d’août 2005, un trou de 130 millions de dollars s’est ouvert sous ses yeux et ceux des 9 200 victimes.
L’oncle de Vincent Lacroix et père du délateur David Simoneau est un homme d’affaires réputé. Il a été la bougie d’allumage de Norbourg à la fin des années 1990, lorsqu’il a consenti à son neveu des prêts et des parts d’investissements de 150 000 $ dans ce qui allait devenir l’empire de Lacroix. Deux versions s’affrontent quant au scénario de la rupture entre l’oncle et son neveu : selon Philippe Terninck, elle aurait été provoquée par le fiasco administratif que représentait déjà Norbourg en 2003 aux yeux de Simoneau. Selon la version de Lacroix, c’est à la suite de la proposition amicale du neveu que Mononcle aurait vendu ses parts dans Norbourg à Vincent Lacroix à l’automne 2003, pour 600 000 $. Aucun contrat n’a cependant validé cette entente, sauf l’émission de chèques, de sorte que Simoneau s’est vu réclamer cette somme par le syndic. L’entreprise principale de Simoneau, Ventilation RSR, a été le troisième fournisseur en importance de Norbourg, avec des services facturés atteignant 671 000 $.
Durant le procès au pénal de Lacroix, preuve a été faite que ce dernier a forgé, ou fait forger, la signature de son oncle sur divers documents, dont un daté de 2001. Cela a permis à Lacroix de siphonner les comptes de Norbourg à sa guise, et à l’insu de son oncle.