Dossiers chauds

L'équité salariale, de gré ou de force

Douze ans après l’entrée en vigueur de la Loi sur l’équité salariale, la moitié des entreprises québécoises continuent de faire comme si de rien n’était. Pour les contraindre à se conformer d’ici 2011, le gouver­nement met de l’avant une loi plus sévère envers les récalcitrants. Et avec la tournée provinciale de sensibilisation actuellement en cours, aucun employeur ne pourra prétendre ignorer la loi.

par Noée Murchison




Ginette Geoffroy, employée depuis 35 ans d’une caisse populaire de Montréal et directrice du syndicat local, est l’une des milliers de Québécoises qui attendent encore de voir leur travail reconnu à sa juste valeur grâce à l’équité salariale. Environ 85 % des 4 500 employés qu’elle représente sont des femmes. «Les salaires que nous touchons sont bas, et nous attendons des correctifs avec impatience», dit Ginette Geoffroy.

Par exemple, une caissière qui a atteint le salaire hebdomadaire maximal de 540 $ brut devrait toucher un ajustement de 5 à 6 %, estime le Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau du Québec.

Le Mouvement Desjardins se défend pourtant de vouloir priver ses employées d’un salaire équitable. En 2000, la Commission de l’équité salariale avait accepté le programme de relativité salariale déjà en place chez Desjardins depuis plusieurs années.

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Les syndicats ont toutefois contesté cet arrangement, car le programme de Desjardins ne comparait pas des emplois féminins avec des emplois masculins. En 2004, à la suite de décisions des tribunaux, Desjardins a donc dû recommencer une démarche d’équité salariale qui, cinq ans plus tard, n’a pas encore abouti.

«Nous avons dû repartir à zéro, indique le porte-parole du Mouvement Desjardins, Alain Chapleau. C’est long, car il faut constituer des équipes dans différentes régions, s’entendre sur les postes à évaluer, sur les paramètres à retenir, etc. Il y a beaucoup d’étapes administratives à franchir», explique-t-il.

Ce cas est loin d’être unique au Québec. Selon la Commission de l’équité salariale, une entreprise sur deux n’a pas encore terminé son exercice d’équité salariale, même si la Loi les obligeait à le faire avant 2001. «C’est loin d’être suffisant, car c’est une loi d’ordre public que toutes les entreprises assujetties doivent appliquer», indique la présidente de la Commission, Louise Marchand.

Finis les «oublis»

Pour corriger la situation, le gouvernement québécois a adopté en mai dernier une nouvelle loi qui ne laisse plus de place à l’évitement. Entre 115 000 et 125 000 personnes occupant des emplois majoritairement exercés par des femmes pourraient en bénéficier. «Les employeurs qui croyaient pouvoir se soustraire à la Loi vont comprendre qu’il est temps de se mettre à l’ouvrage», espère la conseillère syndicale et coordonnatrice du service des relations de travail à la CSN, Judith Carroll.


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Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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