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En 2020... Le maire de Dorval est sur le point de lever la première pelletée de terre d’un nouveau quartier qui sera édifié sur le terrain de l’ancien aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, déménagé à Mirabel. Une fois menée à terme, l’initiative apportera chaque année 150 millions de dollars de plus en impôt foncier dans les coffres de la petite municipalité de l’ouest de l’île.

«Mirabel est un meilleur emplacement pour l’aéroport», croit toujours Michel Barcelo, 12 ans après la décision de transférer les vols de passagers dans l’ouest de Montréal. «Et Dorval sans l’aéroport bénéficierait d’une meilleure trame urbaine.»
Selon les plans sommaires, le Nouveau Dorval pourrait accueillir un total de 43 320 unités d’habitation. Le projet permettrait, selon les chiffres de 2001, de réduire l’étalement urbain autour de Montréal de 30 % chaque année pendant 12 ans.
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Parlez-en à Louis, un résident de l’arrondissement Saint-Laurent. «Le bruit des avions me réveille plusieurs fois par semaine», dit-il, refusant d’être identifié pour ne pas nuire à ses voisins immédiats qui souhaitent vendre leurs maisons. Louis dit être fréquemment fatigué dans la journée et souffrir d’hypertension. Sa résidence, achetée en 1995, est aujourd’hui difficilement vendable et a pris peu de valeur.
Jean-François Girard, lui, a dû prendre les grands moyens. Il estime que, d’octobre 2006 à février 2009, une quarantaine de vols passaient chaque nuit à près de 600 mètres au-dessus de sa maison entre 23 h et 7 h. «Ma femme faisait de l’insomnie, elle s’en allait vers une dépression», dit le résident de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville. Il a donc construit un «bunker» insonorisé au sous-sol de sa maison. Il a toutefois eu plus de chance que Louis : après une forte mobilisation citoyenne, les vols de nuit ont cessé au-dessus de son quartier.
D’autres facteurs militent en faveur d’un retour à Mirabel. Une étude d’ADM affirme que l’aéroport Pierre-Elliott- Trudeau atteindra sa pleine capacité de trafic aérien vers 2040. Après, il faudra penser à déménager une partie ou l’ensemble des activités.
Le départ de l’aéroport permettrait aussi l’expansion des industries déjà présentes dans l’ouest de l’île, telle la pharmaceutique, puisque plus d’employés pourraient vivre à proximité. «Encore plus important, dit Michel Barcelo, Mirabel pourrait développer davantage le secteur aéronautique.» Or, dans l’état actuel des choses, ce dernier ne peut progresser à Dorval, faute d’espace.
Mais pour avoir une idée de la facture d’un développement de Mirabel version 2010, il ne suffit pas d’actualiser le coût estimé à l’époque, prévient Christiane Beaulieu, vice-présidente aux affaires publiques chez ADM. «L’aérogare de Mirabel a été conçue pour accueillir environ un million de passagers par année. Dorval en reçoit aujourd’hui 12,8 millions», dit-elle. [NDLR : l’aérogare de Mirabel accueillait 1,3 million de passagers en 1999; elle était alors sous-utilisée.] De plus, les installations de sécurité sont beaucoup plus coûteuses depuis le 11 septembre 2001. En tout, Christiane Beaulieu estime qu’un déménagement coûterait aujourd’hui près de six milliards de dollars.
Malgré tout, les plus optimistes continuent à rêver à la renaissance de Mirabel et à la conversion de Dorval. Pour Michel Barcelo, les deux villes y gagneraient économiquement. Pour les résidents des alentours comme Louis, ce serait le retour des nuits de sommeil.
«De toute façon, dit Jacques Roy, il faudra un jour quitter Dorval. Que ce soit pour aller à Mirabel… ou à Toronto.» Ce à quoi ADM acquiesce, semble-t-il.- Le Québec en 2020
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