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À la Une - Le Québec en 2020

Maîtres des nanotechnologies

En 2020… Pour détruire une tumeur cancéreuse, les médecins comptent sur des armées de nanorobots envoyés directement dans les veines du patient. Ceux-ci sont ensuite dirigés jusqu’à la zone affectée pour y livrer un liquide qui pulvérise les cellules malsaines.

par Patrick Bellerose




Qui propose l’idée?

Sylvain Martel, directeur du Laboratoire de nanorobotique de l’École Polytechnique Montréal, estime que de tels robots seront fonctionnels d’ici trois à cinq ans. Déjà, son équipe a réalisé le voyage d’une sphère métallique de 1,5 mm de diamètre dans les artères d’un cochon. «Mais, à cette grosseur, on ne parle pas encore de nanotechnologie», précise-t-il. Pour mériter le préfixe nano, les robots de Sylvain Martel devront mesurer moins de 100 nanomètres (un nanomètre équivaut à un milliardième de mètre). À titre de comparaison, le diamètre d’une tête d’épingle mesure environ un million de nanomètre.

La nanoscience risque de bouleverser tous les aspects de notre vie, un peu comme l’électricité l’a fait il y a plus de 100 ans. À la base, il s’agit de concevoir, à l’aide d’atomes et de molécules, des structures microscopiques que l’on peut ensuite manipuler pour créer des applications concrètes. Par exemple, des micropuces d’ordinateurs ou encore des filtres à eau pour les usines de traitement qui utiliseraient des nanoperles pour retenir les fines particules de produits toxiques.

Le Québec a tout pour devenir un gros joueur dans le nano : grâce aux divers programmes gouvernementaux mis en place depuis près de 10 ans, la province abrite désormais 40 % des entreprises canadiennes actives à l’échelle nano.

Le Québec a tout pour devenir un gros joueur dans le nano : grâce aux divers programmes gouvernementaux mis en place depuis près de 10 ans, la province abrite désormais 40 % des entreprises canadiennes actives à l’échelle nano.

Par exemple, FPInnovations, un orga­nisme de recherche sans but lucratif installé à Pointe-Claire, a créé la nanocellulose cristalline à partir de nanocristaux, extraits de la pâte de bois par hydrolyse. Si on réussit à en produire des quantités industrielles, la nanocellulose cristalline pourrait rendre nos vernis de plancher ultra-résistants. La couleur unique de ce produit iridescent permettrait aussi de créer des billets de banque infalsifiables ou des produits de maquillage aux couleurs jusqu’ici jamais vues.

Pourquoi devrait-on le faire?

Si les scientifiques se pressent dans la course aux nanotechnologies, c’est parce que les retombées prévues n’ont rien de «nano». En 2014, les nanotechnologies généreront des revenus mondiaux de 2 600 milliards de dollars, selon la firme Lux Research. NanoQuébec, un orga­nisme financé par les deux paliers de gouvernement pour promouvoir l’utilisation des nanotechnologies, indique que cela représente le même montant que rap­portent les technologies de l’information ou encore 10 fois celui des biotechno­logies.

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Sur le globe, plus de deux millions d’emplois seront également liés à ce secteur. Agriculture, médecine, informatique, de nombreux domaines devraient en bénéficier.

Les nanotechnologies constitueront un atout important pour les entreprises qui souhaitent se démarquer face à la concurrence des pays en voie de développement. «Ça permettra de protéger nos emplois puisque ces technologies nécessiteront des employés hautement qualifiés. Ce sera plus difficile de délocaliser les entreprises», souligne Robert Crawhall, président-directeur général de NanoQuébec.

Combien ça coûterait?

De 1997 à 2007 (derniers chiffres disponibles), 200 millions de dollars ont été dépensés au Québec, principalement par le gouvernement québécois, en infrastructures et projets de recherche.

Mais la concurrence internationale est forte. Selon les dernières données disponibles, en 2005, 4,5 milliards de dollars ont été investis en recherche et développement à travers le monde. De ce chiffre, plus d’un milliard avait été investi respectivement aux États-Unis et dans l’Union européenne, tandis que le Japon arrivait en troisième position avec 950 millions de dollars.

Est-ce réalisable?

Déjà, NanoQuébec estime que 800 produits dans le monde incluent des éléments de nanotechnologie. Au Québec, plusieurs grandes entreprises font leurs propres recherches, notamment dans les domaines de la foresterie et de l’aéronautique, dit Robert Crawhall.

Mais ces nouvelles technologies soulèvent des craintes pour la santé et l’environnement. De concert avec d’autres organismes, Greenpeace demande un moratoire sur leur utilisation. «Les gouvernements répètent le même scénario qu’avec les OGM, dit Éric Darier, directeur de Greenpeace au Québec. Ils attendent que les produits soient déjà dans l’environnement avant de faire des recherches sur les dangers potentiels.» Une inquiétude partagée par Robert Crawhall, qui affirme que plus d’études doivent être faites sur les produits jugés risqués, tels que les médicaments, les produits de beauté et les crèmes solaires.

Doit-on introduire une cure contre le cancer sans en connaître les effets à long terme sur la population? Voilà un débat houleux en perspective!


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Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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