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En 2020… Pour détruire une tumeur cancéreuse, les médecins comptent sur des armées de nanorobots envoyés directement dans les veines du patient. Ceux-ci sont ensuite dirigés jusqu’à la zone affectée pour y livrer un liquide qui pulvérise les cellules malsaines.

La nanoscience risque de bouleverser tous les aspects de notre vie, un peu comme l’électricité l’a fait il y a plus de 100 ans. À la base, il s’agit de concevoir, à l’aide d’atomes et de molécules, des structures microscopiques que l’on peut ensuite manipuler pour créer des applications concrètes. Par exemple, des micropuces d’ordinateurs ou encore des filtres à eau pour les usines de traitement qui utiliseraient des nanoperles pour retenir les fines particules de produits toxiques.
Le Québec a tout pour devenir un gros joueur dans le nano : grâce aux divers programmes gouvernementaux mis en place depuis près de 10 ans, la province abrite désormais 40 % des entreprises canadiennes actives à l’échelle nano.
Par exemple, FPInnovations, un organisme de recherche sans but lucratif installé à Pointe-Claire, a créé la nanocellulose cristalline à partir de nanocristaux, extraits de la pâte de bois par hydrolyse. Si on réussit à en produire des quantités industrielles, la nanocellulose cristalline pourrait rendre nos vernis de plancher ultra-résistants. La couleur unique de ce produit iridescent permettrait aussi de créer des billets de banque infalsifiables ou des produits de maquillage aux couleurs jusqu’ici jamais vues.
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Sur le globe, plus de deux millions d’emplois seront également liés à ce secteur. Agriculture, médecine, informatique, de nombreux domaines devraient en bénéficier.
Les nanotechnologies constitueront un atout important pour les entreprises qui souhaitent se démarquer face à la concurrence des pays en voie de développement. «Ça permettra de protéger nos emplois puisque ces technologies nécessiteront des employés hautement qualifiés. Ce sera plus difficile de délocaliser les entreprises», souligne Robert Crawhall, président-directeur général de NanoQuébec.
Mais la concurrence internationale est forte. Selon les dernières données disponibles, en 2005, 4,5 milliards de dollars ont été investis en recherche et développement à travers le monde. De ce chiffre, plus d’un milliard avait été investi respectivement aux États-Unis et dans l’Union européenne, tandis que le Japon arrivait en troisième position avec 950 millions de dollars.
Mais ces nouvelles technologies soulèvent des craintes pour la santé et l’environnement. De concert avec d’autres organismes, Greenpeace demande un moratoire sur leur utilisation. «Les gouvernements répètent le même scénario qu’avec les OGM, dit Éric Darier, directeur de Greenpeace au Québec. Ils attendent que les produits soient déjà dans l’environnement avant de faire des recherches sur les dangers potentiels.» Une inquiétude partagée par Robert Crawhall, qui affirme que plus d’études doivent être faites sur les produits jugés risqués, tels que les médicaments, les produits de beauté et les crèmes solaires.
Doit-on introduire une cure contre le cancer sans en connaître les effets à long terme sur la population? Voilà un débat houleux en perspective!
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