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En 2020… Le ministre du Développement numérique inaugure le réseau de câbles de fibre optique le long de la vallée du Saint-Laurent, qu’il qualifie de «fondement de la prospérité du XXIe siècle». Dans les régions plus éloignées, les populations comptent sur un système de Wi-Fi pour pouvoir profiter d’Internet haute vitesse.

Les principales raisons de ce «fossé numérique», affirment les chercheurs de RIC, sont la langue (Internet est dominé par l’anglais), mais aussi «une infrastructure technique insuffisante qui permettrait d’offrir l’accès aux nombreuses régions rurales du Québec». Autrement dit, hors des grands centres, il faut être drôlement patient pour visionner un clip sur YouTube. Selon les forfaits retenus, une connexion par fibre optique en ville peut être de 10 à 25 fois plus rapide qu’une connexion par câble téléphonique en zone rurale.
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Devant ce constat navrant, Patricia Tessier, alors vice-présidente marketing de Sun Media Québec (le groupe de journaux de Quebecor Media, propriétaire du Magazine Jobboom), et les membres du groupe de blogueurs d’affaires Yulbiz ont écrit conjointement au premier ministre Jean Charest en octobre 2008. Ils réclamaient de «garantir l’accès à tous les Québécois à Internet haut débit partout dans la province», de même que la création d’un poste de ministre du Développement numérique.
Puisque Internet propose de plus en plus de vidéos, de contenus à télécharger, de musique en streaming et autres fonctions devenues incontournables, nombre de Québécois pourraient se retrouver à la remorque du monde occidental, incapables d’accéder à une bonne partie du contenu sur le Web. «Ceux qui n’ont pas accès à Internet haute vitesse sont au ban de la société, dit Louis Houle. Déjà, des citoyens n’ont pas accès à une foule de services gouvernementaux en ligne et des entreprises en région ne peuvent pas vendre leurs produits sur le Web.» Par exemple, lorsque les dossiers des patients seront informatisés, les hôpitaux en région seront incapables de les partager sans une connexion adéquate.
Ce modèle pourrait être reproduit partout au Québec grâce au programme Villages branchés, qui a amené une connexion Internet haute vitesse dans les librairies et mairies de villages éloignés. «Mais ça ne suffit pas d’apporter la technologie, ajoute Louis Houle. L’accès à Internet doit être vu comme une initiative sociale. Il faut promouvoir l’alphabétisation, aider les “illettrés technologiques”, abaisser les coûts d’accès et aider les entreprises et institutions à tirer profit du Web.»
Il cite un exemple vécu. «Avant de visiter une municipalité que nous voulions aider, j’ai consulté leur site Web. Une fois rendu sur place, je me suis aperçu que l’endroit avait depuis changé de maire et de directeur général, sans qu’on mette à jour le site Web. Autrement dit, quelqu’un a créé le site un jour, puis on n’y a plus jamais retouché.»
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