Dossiers chauds
À la Une - Le Québec en 2020

Un complexe culturel
dans le Cap Diamant

En 2020… Le quartier Saint-Roch de Québec est devenu un haut lieu de la créativité mondiale, à mi-chemin entre SoHo et la Silicon Valley. Artistes, scienti­fiques et ingénieurs en technologies de pointe s’y retrouvent dans les cafés pour discuter de la prochaine start-up à succès. Le soir venu, ils se dirigent vers le Diamant, le nouveau complexe théâtral construit à même un tunnel d’autoroute désaffecté, imaginé par le créateur de renommée internationale Robert Lepage.

par Patrick Bellerose




Qui propose l’idée?

Robert Lepage souhaite construire un complexe culturel dans une caverne creusée sous l’autoroute Dufferin à Québec. D’une profondeur d’environ 300 pieds, celle-ci est l’amorce d’un tunnel autoroutier qui devait traverser le cap Diamant, mais dont la construction a été abandonnée depuis longtemps. Selon la dernière esquisse du projet, cette cavité pourrait abriter une série de centres d’exposition, de salles de répétition et de restaurants, tandis que deux salles de spectacle (de 650 et 350 places) se trouveraient aux abords du tunnel.

Comme on pourrait s’y attendre de l’auteur du Projet Andersen, l’architecture des édifices sera «audacieuse» et «contemporaine», assure Jean-Pierre Vézina, vice-président aux finances de La Caserne, le centre de création de Robert Lepage. «Je ne veux pas trop en dire, mais l’allure sera inspirée de son nom, le Diamant», ajoute-t-il.

Pub.

Pour la ville de Québec, le complexe de Robert Lepage deviendrait le joyau (diamantaire!) d’un quartier Saint-Roch renouvelé. Depuis les années 1990, les administrations successives s’efforcent de donner une nouvelle vie à ce quartier autrefois délabré en attirant des créateurs de tous genres : scientifiques, artistes, entreprises en nouveaux médias, etc. Déjà, avec l’aide de subventions gouvernementales, des concepteurs de jeux vidéo tels Ubisoft et Frima Studio s’y sont implantés, de même que des organismes culturels, dont la coopérative de créateurs La Méduse et l’École des arts visuels de l’Université Laval.

Pourquoi devrait-on le faire?

Sur le plan culturel, le Diamant pourrait mettre Québec à l’avant-scène, comme le musée Guggenheim l’a fait pour Bilbao. La petite ville basque d’Espagne a acquis une notoriété internationale en confiant la conception de son musée à l’audacieux architecte canado- américain Frank Gehry. Bilbao, qui compte moins de 355 000 habitants, reçoit plus d’un million de visiteurs chaque année dans cet édifice devenu l’emblème de la région. La plus grande salle du Diamant permettrait à Robert Lepage de présenter à Québec ses productions acclamées partout ailleurs. «Pour le moment, nous produisons nos pièces à travers le monde, mais peu à Québec en raison du manque d’espaces adaptés», explique Jean-Pierre Vézina. Il affirme que la salle de 650 places serait pourvue d’une sonorisation répondant à des critères internationaux et d’une scène modulable. La salle de 350 sièges, elle, serait destinée au théâtre jeunesse, dont les productions de la troupe Les Gros Becs.

Avec des créations d’un tel calibre, le Diamant attirerait plus de touristes dans la Vieille Capitale, comme l’a fait le Moulin à images. «Les visiteurs viendraient faire des tournées culturelles, comme à Londres ou Paris», dit Jean-Pierre Vézina. C’est que le complexe se trouverait à proximité de nombreux autres établissements consacrés aux arts de la scène, dont le Théâtre de la Bordée, le Péri­scope et l’Impérial.

À la mairie de Québec, on estime que le Diamant jumelé au prestige de Robert Lepage attireraient les talents nécessaires afin de poursuivre le développement d’un quartier Saint-Roch du XXIe siècle. «Nous voulons créer ici des réseaux de créateurs qui se nourriront mutuellement dans leurs diverses disciplines, explique Serge Viau, directeur général adjoint à la Ville de Québec. Et Robert Lepage est un parfait exemple de cela, il n’hésite pas à combiner théâtre et technologies.»

Combien ça coûterait?

Les premiers plans prévoyaient la construction des salles de représentation à l’intérieur même de la caverne. Le projet, évalué à 90 millions de dollars, était «beaucoup trop coûteux», dit Serge Viau. Après une rencontre avec la Ville, l’équipe de Robert Lepage a donc opté pour la construction des salles à l’extérieur du tunnel. Les coûts de ce nouveau concept n’ont pas encore été dévoilés.

Est-ce réalisable?

Le projet a l’appui du maire Régis Labeaume et semble en voie de se réaliser. L’équipe de Robert Lepage termine les études techniques et pourrait obtenir l’aval de la Ville très bientôt.

«Le chantier pourrait durer de 18 à 24 mois, dit Jean-Pierre Vézina. Alors, on prévoit pouvoir ouvrir d’ici à 2012.»
guide de survie

Quelle serait la pire gaffe lors d’un party de bureau?









Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

NOS AIGUILLEURS