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La région de la Côte-Nord pourrait un jour être reliée au reste du Québec par un pont suspendu à quatre voies, d’une longueur de plus de deux kilomètres. Le va-et-vient des traversiers dans le fjord du Saguenay tire-t-il à sa fin?

En août 2009, le ministère des Transports du Québec (MTQ) a dévoilé une étude d’impact pour la construction d’un pont sur le Saguenay menée par SNC-Lavalin et GÉNIVAR. Les deux firmes évaluent le coût de l’ouvrage entre 800 et 900 millions de dollars pour sept années de travaux de construction.
S’il se réalise, le projet viendra concrétiser un vœu de longue date pour de nombreux habitants de la région : il établira le lien manquant entre les deux portions de la route 138, fréquemment utilisée par les vacanciers amateurs de baleines et les camions de marchandises. L’ouvrage serait également le plus long pont suspendu en Amérique du Nord, devant le Verrazano-Narrows à New York et le Golden Gate à San Francisco.
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Le Ministère a plutôt annoncé en septembre 2009 le remplacement des deux traversiers reliant Baie-Sainte-Catherine à Tadoussac, au coût de 75 millions de dollars chacun.
Et si le gouvernement choisissait malgré tout d’aller de l’avant, il faudrait attendre de 10 à 15 ans avant que le pont soit complété, le temps de réaliser les diverses études nécessaires, concernant entre autres l’impact sur l’environnement marin, et d’obtenir les permis exigés.
Des tergiversations qui enragent Jean-Guy Rousseau, co-président de la Société du pont sur le Saguenay, un organisme voué à la promotion du projet. «On nous promet un pont depuis 1926, s’indigne-t-il. Le traversier devait être une solution temporaire.»
Selon lui, les navettes par bateaux causent de nombreux problèmes. «Au déchargement, de longs pelotons de voitures bloquent la circulation sur des kilomètres. Sans compter que le service est souvent retardé par les glaces l’hiver et par la brume l’été.»
«Si un projet de pont sur le Saguenay devait se réaliser, ajoute-t-il, ce serait probablement dans le cadre du plan Nord.» Le seul hic, c’est que, à ce jour, le gouvernement Charest demeure on ne peut plus vague sur ce que contient son fameux «plan Nord».
Quant au remplacement des traversiers, Jean-Guy Rousseau n’est pas impressionné. «Selon nos calculs, avec la réfection des quais, le projet coûtera environ 400 millions de dollars, dit-il. Tout ça pour une autre solution temporaire. Pourquoi ne pas investir tout de suite les 800 ou 900 millions nécessaires pour un pont permanent?» Excellente question.
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