Stephen Harper et Jean Charest ont parlé de déménager l’ONU à Montréal. Un groupe de Belges propose d’annexer le Québec, tout bonnement. Et pourquoi pas créer un immense canal qui amènerait l’eau de la baie James aux États-Unis? Décidément, certains rêvent en couleurs et en haute définition. Petit pot-pourri des idées les plus étonnantes.
L’ONU sur les berges du Saint-Laurent
Lors du Sommet de la francophonie à Bucarest en 2006, les premiers ministres Stephen Harper et Jean Charest, de même que le maire de Montréal, Gérald Tremblay, ont discuté de proposer à l’ONU de déménager son important complexe de New York à Montréal. Stephen Harper a toutefois qualifié de prématurée cette proposition du premier ministre québécois, puisque l’ONU ne considérait pas formellement le déménagement hors de New York. Le complexe érigé dans le Vieux-Port de Montréal aurait intégré le Silo no 5, laissé à l’abandon depuis de nombreuses années. Coût estimé de l’opération : 2,2 milliards de dollars.
Annexer le Québec à la Belgique
Cette idée saugrenue émane du Parti pour le Rassemblement Québec-Wallonie, un groupe Facebook qui souhaite relier la Wallonie et le Québec… à l’aide d’un pont ou d’un tunnel! Les idées «rattachistes» ne sont pas nouvelles au pays de Tintin. Un groupe de Belges francophones un peu plus sérieux propose d’unir la Belgique à la France, tandis qu’un troisième souhaite le rattachement à la Suisse. Même si on imagine d’ici les difficultés techniques que suppose l’union du Québec à la Belgique, l’idée d’une poutine aux frites belges arrosées des délicieuses bières du plat pays donne envie d’y rêver un peu.
Annexer des îles des Caraïbes
Soyons sérieux. Tant qu’à nous rattacher à un autre territoire, aussi bien le faire avec un endroit qui possède ce que nous n’avons pas : la chaleur à l’année. Les îles Turks et Caïcos, un archipel situé tout près de Cuba, pourraient très bien faire l’affaire. En 2004, le député conservateur albertain Ralph Goldring a tenté de raviver cette idée qui a circulé dans les années 1970 et 1980. Les dirigeants de l’archipel, une colonie britannique, étaient eux aussi intéressés, mais la proposition est morte au feuilleton. En réponse à une des premières moutures du projet, le ministère fédéral des Affaires étrangères avait souligné que l’annexion serait coûteuse et peu bénéfique pour le Canada. Il faudrait peut-être leur reposer la question un jour de février.
Transférer l’eau de la baie James aux États-Unis
Imaginez un immense barrage qui séparerait la baie James de la baie d’Hudson, afin d’empêcher que l’eau douce des rivières qui s’y jettent se mêle à l’eau salée. Imaginez ensuite un canal au moins dix fois plus long que le canal de Suez permettant de rediriger cette eau vers les États-Unis, à l’aide d’un vaste système de pompes. C’est l’idée originale d’un ingénieur de Terre-Neuve, Thomas Kierans. Le projet est donné en exemple par l’Institut économique de Montréal, un groupe de réflexion néolibéral, qui affirme que le Québec pourrait faire fortune en vendant son or bleu aux Américains assoiffés. Des groupes de défense de l’eau, dont Eau Secours!, ont toutefois dénoncé l’idée, la jugeant simpliste, dangereuse pour l’environnement et non rentable. De plus, une représentante de l’organisme soulignait à
La Presse en 2008 que cette approche ressemble beaucoup à un «développement tiers-mondiste», où un pays vend ses ressources naturelles sans obtenir un véritable développement économique en retour.