Dossiers chauds
À la Une - Le Québec en 2020
EXCLUSIVITÉ WEB

Le rêve d'un train trans-Québec

À Sainte-Agathe-des-Monts, dans les Laurentides, Michelle Lalande-Déry milite pour une voie ferrée qui encerclerait tout le Québec. D’une longueur comparable à celle du transsibérien de Russie (plus de 9 000 km), le TransQuébec Express relierait Blanc-Sablon à l’est à Kangiqsujuaq au nord, en passant par Montréal et Rouyn-Noranda, sans oublier de bifurquer par la Gaspésie.

par Patrick Bellerose




«Les gens riaient de moi au départ», reconnaît Michelle Lalande-Déry. Or son projet, qui coûterait probablement la bagatelle de 30 milliards de dollars, a déjà l’appui de près de 3 800 signataires d’une pétition qui devrait être déposée à l’Assemblée nationale au début de mars. Le maire de Gaspé, François Roussy, s’est aussi prononcé en faveur du projet puisqu’il souhaite la création d’un chemin de fer pour amener les touristes de Gaspé vers Percé.

Si, a priori, un TransQuébec Express peut sembler farfelu, Michelle Lalande-Déry a bien réfléchi à son projet. «Les deux tiers du territoire québécois sont présentement inaccessibles par voie terrestre», dit cette grand-mère artiste à ses heures. Un tel train donnerait accès à de nombreuses ressources encore inutilisées, estime-t-elle.

Pub.

Par exemple, le Nunavik, avec ses six mois d’ensoleillement ininterrompus, pourrait développer l’agriculture en serre s’il lui était possible d’acheminer ses produits vers le sud. Les monts Torngat, avec leur faune diversifiée, pourraient servir à l’écotourisme. Sans compter les immenses réserves minières du Nord qui restent encore inexploitées. Plus au sud, grâce à sa baie profonde qui constitue un port naturel, Gaspé pourrait devenir un important centre de transit des marchandises vers le reste du continent.

Un but social

Mais pour son instigatrice, le TransQuébec Express est avant tout une œuvre sociale. Michelle Lalande-Déry souhaite ainsi aider les populations éloignées, dont les Autochtones chez qui le taux de suicide est de cinq à huit fois plus élevé que la moyenne nationale. Le développement de leurs régions apporterait à ces derniers un sentiment de fierté et une plus grande estime de soi, croit-elle.

Un développement qui se ferait «d’une façon respectueuse de l’environnement, insiste Michelle Lalande-Déry. Les routes, c’est du développement sauvage, dit-elle. Les gens construisent où ils veulent. Tandis qu’avec les trains, les villages se développent autour des gares, ce qui a moins d’impacts sur l’environnement.»

Pourtant, le train a aujourd’hui mauvaise presse au Canada, avec ses nombreux retards et un service peu fiable. Michelle Lalande-Déry le reconnaît volontiers : «Le problème, c’est qu’ici, le train de marchandises a priorité sur le train de passagers.» Une aberration, selon elle.

Ironiquement, la légende veut que ce soit la construction du chemin de fer reliant Vancouver à Montréal qui a convaincu la Russie de créer son transsibérien afin de développer une région bien plus hostile que notre Grand Nord. Comme quoi une bonne idée peut faire beaucoup de chemin…

http://www.transquebecexpress.ca/


guide de survie

Quelle serait la pire gaffe lors d’un party de bureau?









Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

NOS AIGUILLEURS