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Le Québécois Henry Mintzberg est considéré comme l’un des experts en management les plus importants au monde – il figure constamment au palmarès des 50 penseurs économiques les plus influents de la planète, Thinkers 50. Et ce n’est pas parce qu’il a lancé une théorie à la mode. Ce professeur et chercheur à la Faculté d’administration de l’Université McGill cultive plutôt le franc-parler et le gros bon sens. Son dernier livre, intitulé tout simplement Managing, décortique le quotidien des gestionnaires pour montrer la nature exacte de leur travail.

L’ouvrage contient des études de cas qui remontent à une dizaine d’années, et pas un seul exemple américain. C’est voulu. «Quiconque croit que le management doit être constamment à l’affût des tendances et nécessairement américain a choisi le mauvais livre», résume- t-il. Le ton est donné; cadres complaisants, s’abstenir.
Q › Il se publie chaque année un nombre incroyable de livres sur la
gestion. Pourquoi les gestionnaires ont-ils autant besoin de conseils?
R › Plusieurs personnes qui occupent des postes de gestion ne devraient pas
y être, d’où un tel besoin de conseils et de recettes. Je ne veux pas condamner tous les
gestionnaires qui lisent ces livres, mais ceux qui recherchent toujours ce qui est dans
l’air du temps n’ont pas un bon jugement et ne comprennent pas ce qu’ils font, exactement.
Ils cherchent des trucs et des techniques sur lesquels s’appuyer comme sur des béquilles.
Les livres pratico-pratiques, simplistes et naïfs comme Qui a piqué mon fromage? (NDLR :
24 millions d’exemplaires vendus en 18 langues) ou tout ce qui prétend régler n’importe
quoi en sept étapes faciles sont les plus néfastes, à mon avis.
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Q › Quelles sont les principales idées fausses que l’on entretient au
sujet de la gestion?
R › Il y en a plusieurs. La principale est que
le leadership est plus important que la gestion – ce qui est dangereux, à mon avis,
puisque si vous menez sans gérer, vous n’êtes pas au courant de ce qui se passe autour de
vous.
Q › Pourquoi sommes-nous à ce point obsédés par le leadership, les qualités des
leaders, etc.?
R ›
Q › Qu’est-ce que le bon management?
R ›
Q › La technologie (courriels, téléphones intelligents) rend-elle les
gestionnaires plus efficaces?
R ›
Le deuxième danger de la technologie est de rendre le travail incroyablement frénétique. Il y a des personnes qui envoient des courriels à 22 h le dimanche pour fixer une réunion et qui s’attendent à ce que les autres se pointent le lendemain matin à 8 h 30! En d’autres mots, on exige que tout le monde soit en ligne en tout temps. Par conséquent, tout le monde passe son temps à courir et il y a un niveau global d’anxiété incroyable.
Q › Pourquoi est-ce important de reconnaître les interruptions nombreuses qui
jalonnent le quotidien des gestionnaires?
R ›
Prenons le chef de l’opposition officielle au fédéral, Michael Ignatieff. C’est un intellectuel brillant, mais est-il capable de gérer adéquatement le rythme et la pression de son travail? Je n’en suis pas sûr. George W. Bush, qui avait pourtant étudié à la Harvard Business School, était un gestionnaire atroce, un administrateur déconnecté qui prenait de mauvaises décisions. Par contraste, on retient l’image d’Obama en campagne électorale, en train de consulter son BlackBerry – il était sur le plancher des vaches, au courant et en contact, et il n’était dupe de rien.
Q › En même temps, le gestionnaire doit pouvoir prendre du recul pour mieux
administrer. Comment résoudre le dilemme entre frénésie et réflexion?
R ›
Q › Comment savoir si on est un bon gestionnaire?
R ›
Q › En général, les employés comprennent-ils la réalité de leurs gestionnaires?
R ›
Ceci dit, être conscient de la réalité de son patron n’est pas tellement vital pour la plupart des gens puisqu’ils ont avant tout leur propre travail à faire. Par exemple, si vous êtes médecin dans un hôpital, vous n’allez pas passer votre vie à essayer de comprendre ce que votre directeur fait!
Q › Devrions-nous exiger davantage de nos gestionnaires?
R ›
Managing, Berrett-Koehler Publishers, 2009, 306 p.