Dossiers chauds

L'embauche en construction et les syndicats

Le placement syndical dans le domaine de la construction est moins répandu que l'on pourrait croire.

par Christine Lanthier




Les syndicats de la construction ont-ils trop de pouvoir? À la suite des révélations concernant de présumés actes d’intimidation de la part de membres de la FTQ, l’opinion publique était en droit de se demander d’où vient l’étrange système voulant que ce soient les bureaux de placement syndicaux qui distribuent l’ouvrage aux travailleurs.

La pratique ne date pas d’hier, rappelle Jean Sexton, professeur titulaire à la retraite et professeur associé au Département des relations industrielles de l’Université Laval. Depuis l’époque des guildes du Moyen Âge, les associations d’ouvriers spécialisés ont toujours su cultiver une connaissance très précise des compétences de leurs membres. Une expertise qui soulage bien des employeurs quand il leur faut trouver d’un coup plusieurs centaines de travailleurs pour démarrer un chantier.

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Ceci dit, au Québec, à peine 10 % des embauches de l’industrie sont le fait du placement syndical, selon la Commission de la construction du Québec (CCQ). Par exemple, un entrepreneur de Gatineau décrochant un contrat en Gaspésie est tenu d’embaucher des travailleurs locaux s’il n’a pas à son service régulier la main-d’œuvre nécessaire. Souvent, il fera appel au bureau de placement d’un syndicat local afin d’obtenir les coordonnées de travailleurs compétents. La pratique a surtout cours dans les grands chantiers des secteurs industriel ou du génie civil et concerne principalement les métiers dits lourds, comme les opérateurs de machinerie lourde et les chaudronniers. Toutefois, aucune loi n’oblige un employeur à retenir les candidats proposés.

Qui plus est, les employeurs sont tout à fait libres de recruter par d’autres moyens. D’ailleurs, dans la construction résidentielle, institutionnelle et commerciale, on procède généralement par contacts personnels.

Ce que la loi dit, par contre, c’est que «nul ne doit intimider une personne ou exercer à son égard des mesures discriminatoires […] ayant pour but […] de porter atteinte à sa liberté syndicale». Voilà qui devrait relativiser certaines des inquiétudes… À la condition que la loi soit appliquée.

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Résultats



Québec

37,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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