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À 17 h, de plus en plus de travailleurs néo-zélandais quittent la ville en même temps que leur boulot. Direction campagne, où ils retrouvent chèvres, moutons ou vignes. Si bien que les nombreux partisans de cette tendance portent un nom : les lifestylers.

Leur boulot est en ville, mais ils demeurent à la campagne. Loin du trafic automobile, du smog urbain et des voisins bruyants. Près de la nature et des animaux de la ferme. En Nouvelle-Zélande, ce magnifique pays de quatre millions d’habitants, plus de 140 000 travailleurs vivent dans une fermette. Le nombre de lifestyle farmers ou lifestylers, comme on les appelle, ne cesse d’augmenter.
«Le lifestyling est une véritable tendance», dit Kate Brennan, propriétaire de lifestyleblock.co.nz, un site d’information sur le sujet. «Les Néo-Zélandais éprouvent du stress au travail. Ils sont fatigués de la vie en ville et veulent s’en éloigner.» Après leur journée de boulot à Auckland, Hamilton, Wellington, Christchurch et Dunedin, les principales villes de l’archipel, ces gentlemen farmers prennent les routes des campagnes. Ils parcourent 20, 30, voire 50 kilomètres, pour retrouver leur lopin de terre. Là-bas, ils jardinent, entretiennent leur terrain, s’occupent de leur vignoble ou de leurs chevaux, chèvres, poules, moutons et bœufs.
Un retour à la terre? En quelque sorte, répond la nouvelle lifestyler Carolyn Lewis, jointe par téléphone. «Au travail, je suis toujours en train d’écrire et de réfléchir devant un écran d’ordinateur», dit la Néo-Zélandaise de 39 ans, coordonnatrice nationale de Weedbuster, un programme de sensibilisation à la gestion des mauvaises herbes. «Je voulais travailler de mes mains.»
En août 2005, Carolyn Lewis et son conjoint ont acheté un terrain d’environ un hectare (10 000 mètres carrés), où ils comptent bientôt construire une maison. Pour le moment, ils résident à Hamilton, à 10 minutes de voiture de leur nouvelle propriété. Mais ils possèdent déjà six moutons et un bœuf! «Nous les visitons chaque jour pour nous assurer qu’ils vont bien, dit Carolyn Lewis. Nous n’avons pas besoin de les nourrir, car ils ont suffisamment d’herbe à brouter sur notre terre!» Durant la fin de semaine, le couple sans enfant entretient le terrain et travaille notamment à ériger une clôture autour. Un pur plaisir. «Nous rêvions depuis longtemps de posséder une terre», dit-elle.
En effet, la plupart des lifestylers sont des professionnels, croit Kate Brennan. «L’un des partenaires demeure souvent à la maison pour s’occuper des enfants. La campagne est un environnement parfait pour élever une famille.» Avec le temps, certains lifestyle farmers deviennent autosuffisants en matière de fruits, de légumes et d’œufs, d’après elle. «Certains vendent des animaux, dit-elle. Mais en général, on ne fait pas d’argent avec une petite ferme.»
Selon la recherche de John Fairweather, près de 30 % des gens n’ont aucune expérience fermière à leurs débuts. «Mon mari et moi ne connaissions absolument rien lorsque nous avons acheté notre propriété en 1997», confirme Kate Brennan. C’est pour cette raison qu’elle a lancé, en 2000, le site lifestyleblock.co.nz, qui répond à une foule de questions, notamment sur la santé des animaux, la culture des sols et les mauvaises herbes. Depuis, près de 90 000 personnes consultent chaque mois le site. Devant la popularité du lifestyling, d’autres publications ont respectivement été lancées en 2000 et 2004 : Lifestyle Farmer Magazine et New Zealand Lifestyle Block. On y discute notamment des aléas de la viticulture, d’élevage d’animaux, de production de lait. On offre aussi des trucs et conseils pour faciliter la vie des lifestylers.