International
Finlande

Pas des salades!

Taillés dans le même moule que le Père Noël, les Finlandais? c’était le cas dans les années 1970. Mais aujourd’hui, les campagnes de sensibilisation à l’activité physique ont porté leurs fruits et les entreprises font aussi leur part pour faire fondre le gras!

par Marie-Julie Gagnon


Magazine Jobboom
Vol. 7 no. 8 septembre 2006


Comptable chez Pekka Niska, fabricant de grues en Finlande, Pirjo Tilander court quotidiennement une dizaine de kilomètres en compagnie de cinq collègues pendant les heures de travail. Pour cette activité, elle empoche 50 euros (environ 70 $) par semaine, versés par son employeur!

Et si elle ne fume pas ou ne consomme pas d’alcool, elle a droit à une prime de près de 250 $ par mois. Le même montant est offert à ceux qui participent à un marathon, de même qu’à ceux qui ne prennent aucun congé de maladie au cours de l’année. Un gymnase est aussi mis gratuitement à la disposition des employés, qui peuvent s’entraîner impunément pendant les heures de travail. En 2005, près de la moitié de la centaine d’employés ont ainsi reçu une prime pour non-fumeurs, huit n’ont pas bu une goutte d’alcool et le même nombre a participé à au moins un marathon.

C’est en 1989 que l’idée de ce programme a germé dans l’esprit du directeur général de cette entreprise. Il estime que les 150 000 $ consacrés annuellement au projet lui rapportent aujourd’hui quatre fois plus. Et les participants sont plus que satisfaits. «Je suis reconnaissante à Pekka Niska pour cette initiative, souligne Pirjo Tilander. Je fais chaque jour quelque chose pour ma santé. Quand je rentre à la maison, je peux m’étendre sur le sofa avec la conscience tranquille.»

Pekka Niska n’est pas une exception. Au pays de Saku Koivu, c’est une forte tendance chez les employeurs. Dans les années 1970-1980, les Finlandais détenaient le triste record mondial de morts attribuables aux maladies cardiaques et les cinq millions d’habitants de ce petit pays étaient aussi les plus gros de l’Europe. Avec leur passion pour la saucisse, le beurre, la crème et autres aliments bien gras, les Finlandais présentaient un taux d’obésité deux fois plus élevé que celui des Anglais! «Maintenant, pour l’ensemble de l’Europe, la Finlande se classe environ au 10e rang des pays où l’on trouve le plus d’obésité», fait remarquer le Dr Mikael Fogelholm, du UKK Institute for Health Promotion Research.

Au Levi Ski Resort, comme dans plusieurs centres de ski de ce pays, un employé non-fumeur reçoit 36 $ chaque mois.

Régime fiscal

Le gouvernement finlandais a mené des campagnes de sensibilisation au cours des dernières années. Les écoliers sont initiés au ski de fond dès l’âge de sept ans. Les saunas, qui favorisent l’élimination des toxines, du stress, des tensions musculaires et de la fatigue, sont là-bas un véritable mode de vie et les sports d’hiver n’ont cessé de gagner en popularité. L’alimentation des Finlandais s’est allégée et raffinée.

Là où le système finlandais se distingue, c’est que les entreprises ont droit à des déductions fiscales lorsqu’elles incitent leurs employés à prendre soin de leur santé. Au Levi Ski Resort, comme dans plusieurs centres de ski de ce pays, un employé non-fumeur reçoit 36 $ chaque mois. «Nous avons aussi de nombreux avantages, par exemple, un gymnase que nous pouvons utiliser gratuitement, dit Anu Köngäs, responsable de l’information aux touristes de la station. L’entreprise remet aussi trois laissez-passer annuels de ski par année à chacun des employés, leur permettant ainsi de skier gratuitement avec leurs proches, et l’équipement de location est gratuit.»

«D’autres entreprises offrent l’accès gratuit à un gymnase, des journées de loisir une ou deux fois par année, et une “allocation d’exercice”, qui rembourse en partie ou complètement les frais entourant les activités de mise en forme», souligne le Dr Fogelholm. Cependant, ces mesures encouragent les gens déjà actifs à le demeurer plutôt que d’inciter réellement les sédentaires à bouger davantage, croit-il. D’ailleurs, le Finnish Centre for Health Promotion, l’organisme public qui fait la promotion de saines habitudes de vie, s’inquiète d’un retour de l’obésité ces dernières années. Il est cependant difficile d’en cerner les causes.

Et au pays de la poutine?

Au Québec, le gouvernement mise aussi sur les campagnes de sensibilisation pour rejoindre la population, notamment par le biais du programme Vas-y et de sa mascotte, l’étrange bonhomme bleu. «Les entreprises qui achètent du matériel de conditionnement physique pour leurs employés obtiennent aussi des déductions fiscales puisque ces dépenses constituent des coûts opérationnels», mentionne Marie-France Boulay, responsable des relations avec les médias au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Kino-Québec, l’organisme public de promotion de l’activité physique, sensibilise également les gestionnaires à mettre en place des clubs sportifs et à élaborer des outils pour faire bouger leurs employés.

Chez Kino-Santé, firme de consultants en ergonomie et kinésiologie qui a pour objectif de promouvoir de saines habitudes de vie et la pratique d’activités physiques, Francis Gilbert souligne que certaines entreprises québécoises comme Bell Canada et Desjardins ont lancé leurs propres initiatives. Par exemple, elles remboursent les abonnements dans les centres de conditionnement physique, appuient des sports d’équipe internes ou mettent des équipements sportifs à la disposition des employés dans leurs bureaux. Elle est d’avis que le Québec aurait tout à gagner en mettant en place des mesures similaires à celles de la Finlande. «Le gouvernement s’est fait présenter de nombreux projets sur le sujet. La prévention permettrait non seulement d’économiser, mais aussi de régler des problèmes dans le domaine de la santé en désengorgeant les hôpitaux.»

Car s’il y a un domaine où les pays ont intérêt à demeurer petits, c’est bien celui de l’obésité.


ROYAUME-UNI | Femmes en tête
Bonne nouvelle pour les travailleuses du Royaume-Uni qui lorgnent le haut de l’échelle : les Anglaises y occupent maintenant 23 % des postes de direction, selon la firme de recherche Experian. Et nul besoin pour elles de patienter des années avant d’atteindre le sommet puisque près de 30 % des directrices sont âgées entre 18 et 29 ans. Cependant, la majorité de ces femmes œuvrent au sein de PME qui emploient 50 personnes ou moins. C’est que les jeunes travailleuses, frustrées par la culture d’entreprise des grandes corporations, se lancent en affaires en grand nombre. À preuve, dans les entreprises de 250 employés ou plus, seulement 6 740 postes de direction sont pourvus par des femmes contre 53 524 postes occupés par des hommes, ce qui équivaut à 12 %.
Source : The Guardian, 31 juillet 2006

FRANCE | Rangez cette lingerie!
Fétichisme et boulot vont rarement de pair. Un facteur français de la région de Seine-et-Marne, près de Paris, l’a récemment appris à ses dépens. Le jeune homme de 24 ans avait pris l’habitude de dérober des sous-vêtements féminins qui séchaient sur des cordes à linge alors qu’il distribuait le courrier. Après qu’il fut pris sur le fait par l’une de ses victimes, les policiers l’ont soupçonné de s’être livré à ce petit manège pendant près d’un an. En plus de se soumettre à des examens psychiatriques, il devra comparaître devant le tribunal de Meaux. Impossible toutefois de déterminer le nombre exact de petites culottes qui se sont envolées de cette façon!
Source : TFI, 28 juillet 2006

Recherche et rédaction : Corinne Fréchette-Lessard


guide de survie

Quelle serait la pire gaffe lors d’un party de bureau?









Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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