Trouvez un article

Rechercher

International
Népal

Star trek

Si la montagne ne vient pas à vous, allez à elle. C’est un peu ce que font les Népalais, qui misent sur le tourisme en altitude comme gage de prospérité, qui est toutefois inégale.

par Dominique Jutras
Photo : Dominique Ouimet


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 6 Juin 2007


Il est 14 h, à plus de 3 000 mètres d’altitude. Au rythme d’une tortue, je gravis le sentier abrupt menant au village de Ghorepani, dans l’Himalaya. Malgré le lourd bagage qu’il porte depuis le matin, Naramoné me suit dans mon ascension. Il ne montre aucun signe de fatigue.

Naramoné est porteur, l’un des plus vieux métiers du Népal et pilier de la lucrative industrie du trekking, qui génère des espoirs de vies meilleures dans ce pays où 37 % des 27 millions d’habitants vivent avec moins de 1 $ par jour.

Enclavé entre la Chine et l’Inde, le Népal possède huit des plus hauts sommets de la planète. Depuis que ce pays s’est ouvert au monde dans les années 1950 grâce aux premières expéditions sur l’Everest et que l’industrie du trekking a pris forme dans les années 1970, les touristes se font nombreux. En 2005, ils ont été près de 400 000 et le tourisme de montagne en a absorbé le quart, principalement dans les régions de l’Annapurna et de l’Everest.

Dans ces régions, les milliers de randonneurs assurent un emploi saisonnier à près de 120 000 Népalais, notamment aux porteurs, sherpas, guides, éleveurs de yaks ou transporteurs de matériel destiné aux propriétaires de gîtes et aux commerçants.

Pub.

Des hauts et des bas

La popularité grandissante du trekking chez les touristes a provoqué un engouement pour les métiers de la montagne. «Surtout chez les jeunes, qui voient là l’occasion de demeurer dans leur région plutôt que de migrer vers la ville pour un emploi peu rémunéré», affirme Sudhan Subedi, porte-parole de l’Office de tourisme du Népal.

Au sommet de la hiérarchie du trek, le guide est choisi pour sa connaissance du territoire, sa capacité de communiquer en anglais ou en français, son réseau de contacts dans les villages et son habileté à diriger une équipe. Il répartit les charges de portage, fixe l’itinéraire et gère le budget. «C’est un travail stressant», avoue Tendi Sherpa, guide depuis 15 ans. «Il arrive que les porteurs disparaissent avec la nourriture, le matériel de camping ou les bagages des touristes. Parfois, ce sont les clients qui n’écoutent pas les consignes de sécurité, au risque de leur vie.»

Les porteurs sont nombreux à porter des charges supérieures à 30 kg, limite pourtant fixée par la loi.

Diplômé du Nepal Academy of Tourism and Hotel Management (NATHM), il parle couramment le français et l’anglais. En décembre dernier, il a guidé au camp de base de l’Everest un groupe de 32 élèves du Cégep André-Laurendeau. «Nous étions 90 personnes sur le sentier, incluant les porteurs et les sherpas – les guides adjoints. Loger, nourrir et encadrer un tel groupe demande énormément d’organisation.»

Les honoraires d’un guide expérimenté varient selon sa maîtrise des langues, mais il empoche un minimum de 55 $ par jour, sans être logé ni nourri durant le trek, qui dure en moyenne de 8 à 15 jours.

Des guides comme Tendi ne manquent pas de travail. «Il y a 10 ans, durant les hautes saisons de mars-avril et octobre-novembre, il était difficile de trouver un bon guide. Ce n’est plus le cas; l’industrie a su ajuster l’offre à la demande», dit Karma Lama, membre du comité de direction de la Trekking Agencies’ Association of Nepal.

En effet, en 2005, la NATHM a formé pas moins de 4 400 guides de trekking, deux fois plus qu’en 2000!

Plein le dos

Les sherpas sont seconds dans la hiérarchie du trekking. Au sens propre, les Sherpas forment un groupe ethnique originaire du Tibet qui peuple la région de l’Everest. Mais le terme désigne aussi les guides adjoints. Ils montent les tentes et aident à la cuisine dans le cas d’un trek en auberge (teahouse trek). Sur les sentiers, l’un d’eux ferme la marche tandis qu’un autre est à la tête du groupe ou va retenir des chambres ou des emplacements de camping. En cas d’accident ou de malaise, ils ont aussi la charge des malades. Les sherpas sont payés en moyenne de 11 à 17 $ par jour, logés et nourris. Dans le cas d’un trek en camping, le cuisinier est un membre important de l’équipe et peut gagner 22 $ par jour selon son expérience, nourri et logé.

Les porteurs occupent le dernier rang de la hiérarchie. Mi-paysans, mi-professionnels de la montagne, ils sont payés entre 6 et 10 $ par jour et doivent assumer les frais de leur nourriture et de leur gîte. La majorité d’entre eux quittent temporairement leur terre durant les hautes saisons pour gagner un revenu d’appoint.

Lors d’un trek en auberge, un porteur transporte les effets personnels de deux touristes. Lors d’un trek en camping, les porteurs se chargent des effets personnels des touristes et des équipements de camping, des ustensiles de cuisine et de la nourriture. Les sherpas transportent seulement leurs sacs.

Malheureusement, les porteurs sont souvent exploités. Parfois, leur rémunération couvre à peine leurs besoins alimentaires au travail. Ils sont nombreux à porter des charges supérieures à 30 kg, limite pourtant fixée par la loi. La plupart ne sont pas chaussés et vêtus convenablement pour des randonnées en altitude.

Des organismes de défense des droits des porteurs ont vu le jour ces dernières années. Ils sensibilisent l’industrie et les voyageurs à leurs conditions de travail. Les agences de trekking sont aujourd’hui plus soucieuses du bien-être de leurs porteurs. «Sans eux, nous n’existerions tout simplement pas… Ils font un travail essentiel», admet Rajendra Lama, directeur de l’agence Friends Adventure Team.

Les Karavaniers, une agence québécoise de tourisme d’aventure, organise notamment des treks au Népal. Sa charte éthique prône l’embauche de main-d’œuvre locale, une rémunération juste et des conditions de travail adéquates, principalement pour les porteurs. Cette entreprise organise à l’occasion des activités pour leur venir en aide. «L’an dernier, lors de collectes dans des stations de ski du Québec, nous avons recueilli pour eux une centaine de combinaisons de ski usagées, chaudes et imperméables», affirme Mathieu Saillant, adjoint au développement et guide aux Karavaniers.

Ceux qui ont contribué peuvent maintenant chanter : «Moi mon Kanuk a beaucoup voyagé…»


Roumanie
Le cœur à l’ouvrage

Une étude de Statistique Canada nous apprenait récemment que près du tiers des travailleurs québécois se considèrent comme des bourreaux de travail. Ils devraient prendre garde de se tuer à la tâche. C’est ce qui est arrivé à Raluca Stroescu, une Roumaine de 31 ans retrouvée morte en avril dernier dans son appartement, entourée de ses nombreux dossiers. Son horaire était simple : de 14 à 16 heures de travail par jour, suivies d’environ 4 heures de sommeil. Au cours des trois semaines précédant son décès, elle travaillait à un important dossier et avait perdu quelque 7 kilos; son poids avait chuté sous les 40 kg. Voyant sa santé décliner, elle aurait demandé des vacances à son employeur, qui aurait refusé sous prétexte de délais serrés. Le cœur a finalement lâché. La jeune femme ne travaillait pourtant pas pour une binerie postcommuniste : elle était directrice de vérification pour la multinationale Ernst & Young, à Bucarest. Aux yeux de ses concitoyens, Raluca Stroescu est la première cadre kamikaze, symbole d’un nouveau phénomène : la carrière à tout prix. Mort incluse.

Sources : Radio Romania International et Bucarest Hebdo.

Russie
Liste noire

La vie de fonctionnaire n’est plus ce qu’elle était en Russie. À Oulianovsk, au sud-est de Moscou, le gouverneur a mis sur pied un site Web où les citoyens peuvent dénoncer de façon anonyme les employés de l’État qui travaillent mal ou réclament des pots-de-vin. Si les plaintes sont fondées, le nom des fautifs sera transposé dans un registre imprimé qui pourra être consulté par les citoyens. Le ministère de l’Intérieur russe semble lui aussi décidé à punir les fonctionnaires corrompus. En effet, lorsque ceux-ci sont condamnés par la justice, les verdicts sont envoyés à la police. La liste noire ainsi créée est mise à la disposition des employeurs, qui peuvent vérifier les états de service des candidats à l’embauche. Pour se trouver un nouveau boulot, les fonctionnaires visés n’auront vraisemblablement d’autre choix que d’attendre que leur nom soit retiré de la liste, à l’issue d’un délai variable, prévu par la justice. À moins de corrompre un autre fonctionnaire…

Source : Courrier international.

Recherche et rédaction : Pierre Frisko


guide de survie


Faites-vous des heures supplémentaires non payées?








Résultats



Québec

45,9 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

NOS AIGUILLEURS