International

Rouleau impérial (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 10 nov 2007

Aller-retour

En Chine, Pamela Sonya Ovono a trouvé un mari (originaire du Burundi!) et accouché de ses deux enfants. En 2004, à la fin de son séjour de sept ans, elle est retournée en Afrique, où elle a obtenu une maîtrise en gestion des ressources humaines au Sénégal. Aujourd’hui installée au Gabon, elle est directrice des ressources humaines chez Maersk Line, une multinationale danoise œuvrant dans le transport maritime. «J’ai obtenu ce travail grâce à mon expérience chinoise, croit-elle. Mon employeur a été émerveillé par mon ouverture d’esprit.» Maîtrisant le mandarin, elle sert parfois d’interprète avec les clients de Chine.

De son côté, Françoise Nkoghe est revenue sur sa terre natale en 2006. La pharmacienne travaille à l’Office pharmaceutique national, centre responsable de l’achat et de la distribution des médicaments au Gabon. Dans ce pays, la fonction publique a la cote auprès des diplômés gabonais : elle assure la sécurité d’emploi!

N’empêche, Françoise aurait aimé travailler en Chine. «Mais quand on a la peau noire, ce n’est pas évident de réussir à le faire, dit-elle. L’employeur sait que vous êtes un expatrié et que vous demanderez un salaire plus élevé que les Chinois.»

Selon Adama Gaye, les Chinois seraient moins racistes à l’égard des Africains qu’à la fin des années 1980. «Ils se montrent un peu plus ouverts maintenant», dit-il. Reste que plusieurs d’entre eux n’ont encore jamais vu de Noirs…

Françoise Nkoghe et Pamela Sonya Ovono comptent bien retourner en Chine. En attendant, dans leurs moments de nostalgie, elles peuvent toujours déguster du canard laqué ou du poisson à la vapeur dans un restaurant chinois de Libreville. On en trouve des dizaines dans la capitale.

Car des Chinois immigrent aussi au Gabon! Des médecins y ouvrent des cliniques médicales, des hommes d’affaires lancent des petits commerces et des entreprises, notamment dans les industries de la pêche et du bois. Leur but? Faire fortune. Et payer les études de leurs enfants… qui fréquenteront les universités d’Europe et d’Amérique du Nord.

Vive le village global!


Kirghizistan | Le tunnel au bout de la lumière

La ville de Mailuu Suu, au Kirghizistan, a été créée au milieu du siècle dernier par l’URSS parce que cette région regorgeait d’uranium. Transformée en dépotoir radioactif depuis l’abandon des mines en 1962, elle a survécu économiquement grâce à l’implantation d’une usine d’ampoules, qui devait «apporter la lumière au monde entier», d’après la propagande soviétique.

Aujourd’hui, cette usine tourne au ralenti, mais la population a trouvé une nouvelle source de revenus : les ampoules défectueuses rejetées depuis quarante ans dans une vallée voisine. En effet, en 2003, on a découvert que les ampoules contenaient du nickel, un métal très convoité par le voisin chinois. En fouillant dans les douilles rouillées et le verre coupant à la recherche du métal, les habitants peuvent récolter une vingtaine de dollars en une journée, soit près du cinquième du salaire mensuel moyen d’un travailleur dans ce pays.

La pollution qu’engendre la séparation du verre et du nickel détruit un peu leur santé, mais ils ont l’habitude : la radioactivité leur cause depuis les années 1960 des malformations congénitales, des cancers, en plus de provoquer une multitude de fausses couches.

Source : Terra economica.

Irak | Le privé

Les plus cyniques le répètent constamment : il n’y a rien comme une guerre pour faire rouler l’économie. Les entreprises américaines présentes en Irak ne peuvent qu’être d’accord. Pendant que les attaques de la résistance irakienne se multiplient, l’armée américaine profite de plus en plus de l’aide de «sous-traitants» privés, une façon bien pudique de nommer les 35 000 mercenaires recrutés par des entreprises des États-Unis comme Blackwater USA pour un salaire allant parfois jusqu’à 25 000 $ par mois.

Évidemment, tous les mercenaires ne reçoivent pas la même solde : les plus gros montants sont réservés aux Américains et autres Anglo-Saxons. Les Philippins, les Péruviens ou les Irakiens ont droit à des sommes moins généreuses, dépassant rarement 1 000 $ par mois. Sur le terrain, toutefois, il ne semble y avoir aucune distinction entre les origines : depuis 2003, toutes nationalités confondues, plus d’un millier d’entre eux ont été tués et 10 000 blessés par la résistance.

Sources : La Lettre de L’Expansion.

Recherche et rédaction : Pierre Frisko


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