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En attendant, les travailleurs se sont attaqués à un ennemi intérieur plus sournois : plusieurs d’entre eux s’ennuyaient des patrons! «Les premiers temps, ils regrettaient l’époque où ils quittaient le travail la tête en paix, sans se sentir responsables de l’avenir de l’entreprise. Ils étaient réticents à assumer de nouvelles responsabilités comme la finance, la gestion du personnel, les négos avec les fournisseurs, etc. Ce changement de mentalité était notre plus grand défi», confie Diego Ruarte.
La coopérative a donc instauré un système de rotation des tâches pour que tous les compañeros (compagnons), comme ils s’appellent entre eux, puissent se familiariser avec les différents services, en apprenant les uns des autres. Diego Ruarte lui-même alterne entre les tâches de barman, de portier et d’attaché de presse. «Aujourd’hui, plus personne ne veut retourner en arrière. On a repris confiance en nous-mêmes, et on est très fiers de notre débrouillardise.» Le système semble avoir fait ses preuves, puisque la présidente actuelle du conseil d’administration de l’hôtel est une ancienne femme de chambre.
Et l’esprit de coopérative ferait des petits en Argentine, même si la crise est loin derrière. Nicholas Pousthomis, photographe dans la trentaine, a cofondé Cooperativa SUB il y a quelques années à Buenos Aires. «Nous ne sommes pas une entreprise récupérée, mais nous avons été très inspirés par ce modèle, qui reflète nos valeurs de partage.»
Les cinq membres, tous de jeunes photographes, se répartissent les mandats de reportages pour des magazines internationaux et les revenus qu’ils engrangent. Nicholas Pousthomis passe le maté, boisson traditionnelle en Argentine, à une collègue avant de conclure : «Le patron, c’est nous tous ensemble.»
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L’Argentine en bref
40,4 millions population
13 100 $US PIB par habitant
8,5 % taux de chômage
23,4 % population sous le seuil de pauvreté
10 000 employés dans les entreprises récupérées