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International

Messagers dans la jungle urbaine (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 4
avril 2009

Quoi qu’il en soit, les principaux intéressés refusent de prendre tout le blâme. «Et les chauffards au cellulaire qui ne portent pas attention ou nous tassent sur la ligne blanche?» s’insurge José Luiz, qui cumule 22 ans de métier sous son casque. «La violence de la circulation nous oblige souvent à répondre par la violence.» Lire : coups de pied dans les portières et rétroviseurs arrachés.

«Certains ferment leur vitre en nous voyant arriver», ajoute son collègue Jefferson. C’est que les citoyens ont de quoi se méfier : plus de 60 % des vols de rue commis contre des personnes (sacs à main, etc.) sont perpétrés par des individus à moto, souvent armés. Rien pour aider la cause des livreurs.

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Wander Antonio de Souza, propriétaire de Lig-Moto, qui compte 200 motocyclistes, reconnaît que le paiement à la livraison, une pratique très répandue, pousse les motoboys à rouler en fous. Mais il affirme pour sa part bien s’occuper de ses «gars». «Ils reçoivent un salaire fixe, sont inscrits auprès des instances publiques et portent un uniforme», dit-il. Le problème, selon lui, ce sont les nombreuses entreprises illégales qui paient aux livreurs des commissions dérisoires. «Le gouvernement ne contrôle pas assez, déplore-t-il. Mais les clients qui font affaire avec les compagnies délinquantes en voulant économiser ont aussi leur part de responsabilité. De leur côté, les motoboys sont trop désorganisés pour faire valoir leurs droits.»

Là pour de bon

Les autorités locales tentent bien d’endiguer le phénomène par des campagnes de sensibilisation sur la sécurité routière, des descentes policières contre les entreprises clandestines et l’instauration de voies réservées aux motos. Mais le phénomène né dans les années 1980 a pris une telle ampleur que le contrôle demeure limité. Pour Nancy Reis Schneider, les Paulistains vont devoir s’habituer à partager l’espace. «Le métier de motoboy est apparu comme une occasion d’emploi pour des gens qui en ont bien besoin, et la société ne peut plus s’en passer», dit-elle.

«Même ceux qui ne nous aiment pas finissent par utiliser nos services, insiste José Luiz. Sans nous, São Paulo serait plongée dans le chaos. Personne n’a autant d’agilité que nous dans cette circulation bordélique.»

Thomas, lui, n’a cure de ce débat. Son boulot lui permet de gagner sa vie honnêtement, voilà ce qui compte. Mais rester motoboy toute sa vie, il ne le souhaite pas. Son rêve? «Lancer ma propre entreprise ou devenir mécanicien.» Et le voilà reparti dans la circulation, risquer sa vie pour le bonheur des autres.


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