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Ce n’est pas la première fois que cet emblème de Portland vacille. En 1986, TriMet avait proposé d’éliminer le Fareless Square : trop cher. Elle s’était toutefois ravisée devant les protestations des citoyens, soucieux de maintenir la mobilité au centre-ville et, surtout, la qualité de l’air. Plus récemment, en janvier 2008, l’opérateur a voulu limiter les heures de service gratuit de 7 h à 19 h. Mais encore une fois, les objections populaires l’ont contraint à maintenir le statu quo, soit rien à payer entre 5 h et 2 h.
Les habitants de Portland sont particulièrement jaloux de leur Fareless Square, symbole le plus visible du caractère vert de la ville. Héritage des années 1970, il fut instauré par des élus qui se sont ingéniés à contrer la pollution, notamment en freinant l’étalement urbain et en facilitant l’accès au transport en commun. Résultat : Portland est plus dense que bien d’autres villes américaines qui se sont développées en fonction de l’automobile. «Plus un milieu est densément peuplé, plus c’est facile de le desservir en transports collectifs», fait remarquer André Porlier, urbaniste et directeur général du Conseil régional de l’environnement de Montréal.
En 2001, le Fareless Square a même été étendu de l’autre côté de la rivière Willamette, qui traverse Portland, afin d’offrir aux congressistes de l’Oregon Convention Center un moyen commode et non polluant de regagner les hôtels disséminés aux quatre coins de la ville. Cette largesse a cependant un coût, estimé à environ deux millions de dollars par année en droits de passage non perçus.
Mais à présent, la gratuité totale semble avoir atteint les limites de sa viabilité. «C’est dommage parce que le Fareless Square a toujours été un rappel visible de notre engagement à faire fonctionner le transport en commun à Portland», dit Patty Fink, consultante dans le domaine des transports. «Mais qui sait? Peut-être que nous n’avons plus besoin d’un tel symbole.»
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