International

Chômage tout confort (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 9
octobre 2009

Le prix à payer

C’est que le modèle de «flexicurité» coûte beaucoup plus cher qu’on le croirait à première vue. Les cotisations assurent seulement une partie du fonds d’assurance-chômage. Le reste est financé par le gouvernement. Voilà qui explique, entre autres, que les contribuables danois sont parmi les plus taxés au monde : leur taux d’imposition varie autour de 60 % (NDLR : 43 % pour les Québécois en 2009, compte tenu des impôts fédéral et provincial).

«Avec cette charge financière, la jeune génération et les travailleurs immigrants ont tendance à ne plus payer leurs cotisations», note Christian Sølyst, de la Confédération danoise des syndicats. À long terme, il craint que le modèle de «flexicurité» n’en soit affecté. «Moins il y aura de travailleurs qui payeront leur cotisation, moins le fonds sera garni et moins les prestations seront généreuses», prévoit-il. À l’heure actuelle, 70 % des travailleurs contribuent au fonds, ce qui représente plus de deux millions de Danois. Il faut préciser que personne ne les y oblige et que les cotisations ne sont pas retenues à la source. Les entreprises, elles, n’ont rien à débourser.

À la Confédération danoise des industries, l’économiste en chef Klaus Rasmussen ne s’en fait pas trop pour l’avenir du fonds. Ce spécialiste chargé de représenter 11 000 entreprises danoises est convaincu que les travailleurs vont continuer de cotiser s’ils ont de bons boulots. «Il faut protéger l’employabilité et non les emplois, dit-il. Nos entreprises sont devenues ultra-spécialisées alors il faut miser sur les formations», poursuit-il en spécifiant que l’avenir est surtout dans la pharmaceutique, les technologies de l’information et les produits de design.

Johanna et Martin ont donc avantage à retourner sur les bancs de l’école. Surtout qu’avec les politiques d’activation, ils peuvent bénéficier d’une formation payée. «C’est certain que nous ne voulons pas finir notre vie à TIVOLI», lancent les deux jeunes avec un sourire complice. «Nous ne savons juste pas quoi faire», reconnaissent-ils un peu moins amusés.

À écouter le professeur Mikkel Mailand, ils devraient y songer dès maintenant. «Le modèle danois a bien fonctionné jusqu’ici parce qu’il a été géré par les sociaux-démocrates. Depuis que la coalition libérale-conservatrice a pris le pouvoir en 2001, les fonds pour les programmes sociaux sont plus rares», raconte le spécialiste des relations de travail à l’Université de Copenhague. À titre d’exemple, l’État a décidé de ne plus gérer les centres d’emploi. Depuis août 2009, la tâche est désormais assumée par les municipalités, qui n’ont pas les mêmes moyens pour mettre en place les politiques d’activation. «Avec ces changements, nous craignons qu’il y ait moins de formations offertes aux demandeurs d’emploi», souligne Mikkel Mailand.

Le Danemark n’est pourtant pas en mesure de se priver de travailleurs compétents. Comme plusieurs pays, il fait face à une importante pénurie de main-d’œuvre. «Malgré la crise, ce n’est pas le travail qui manque. Il faut seulement donner du temps aux chômeurs de se recycler, croit Christian Sølyst. J’ai vu des femmes dans des usines de poisson devenir préposées aux bénéficiaires et un livreur se convertir en enseignant. Donc c’est possible», dit-il. Mais pour encore combien de temps?


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Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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