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Californie

La Californie a soif

«Pas d’eau, pas de travail», répètent les milliers d’ouvriers agricoles au chômage de la vallée de San Joaquin, en Californie. C’est qu’on a volontairement réduit le débit de l’eau qui irrigue les champs… pour protéger une espèce de poisson.

par Mariève Paradis // photos Charles Jacques




C’est le paradoxe ultime : la première région agricole des États-Unis n’arrive plus à nourrir son monde. Toutes les deux semaines, la Community Food Bank vient à Mendota, au cœur de la vallée de San Joaquin, pour distribuer des denrées alimentaires aux nécessiteux de cette petite ville de 10 000 habitants. «Nous aiderons près de 3 500 personnes aujourd’hui», rapporte Dana Wilkie, PDG de l’organisme. Il s’agit essentiel­lement de travailleurs agricoles et de leurs familles.

Situées entre San Francisco et Los Angeles, les terres de la vallée de San Joaquin sont parmi les plus fertiles au monde. Quelque 138 000 tra­vailleurs y trouvent leur gagne-pain. On y cultive plus de 300 produits qui procurent des revenus de plus de 20 milliards de dollars par année. C’est d’ici que provient la majorité de la production mondiale d’amandes, de tomates, de raisins et de coton.

Mais depuis quelques années, de nombreux champs sont abandonnés en raison d’un manque d’eau. C’est que dans cette vallée semi-aride où il ne tombe que de 127 à 381 mm de pluie par an, les fermes industrielles et les villes sont abreuvées au moyen d’immenses pompes qui dévient l’eau du delta de Sacramento – l’une des rares sources d’eau douce de l’État – vers des canaux d’irrigation (voir autre texte). Or les groupes environnementaux, dont le Natural Resources Defense Council (NRDC), accusent ce système d’aspirer et d’écraser les poissons d’une espèce en déclin, l’éperlan. Si bien qu’en 2007, ils ont obtenu des gouvernements que soit diminué le flot des pompes.

Résultat : certains agriculteurs de l’ouest de la vallée ne sèment plus du tout faute d’eau en quantité suffisante, laissant 40 % des champs à l’abandon et des centaines de travailleurs sans emploi. Un rapport du Centre des bassins versants de l’Université Davis publié en septembre 2009 évalue que 5 000 emplois agricoles ont été perdus dans la vallée depuis la restriction du pompage. Cela ne représente que 3 % de l’effectif, mais certaines communautés sont davantage touchées : à Mendota, le taux de chômage atteignait 40 % en juillet 2009. Les pertes de revenus agricoles de la vallée sont estimées à 117 millions de dollars pour 2008, tandis que la production a décru de 15,8 %.

Des finances à sec

Shawn Coburn possède 14 km2 de terres agricoles près de Mendota. «Il y a quelques années, je produisais des tomates, des pois chiches, des fèves de Lima, des cantaloups. J’avais une diversité de produits. Maintenant, je ne produis plus que des raisins et des amandes parce que je manque d’eau. J’ai creusé un puits pour irriguer mes vergers, mais l’eau souterraine est salée. J’ai besoin de l’eau du delta pour cultiver la terre», explique-t-il, ajoutant qu’il a dû licencier plusieurs travailleurs ces dernières années.

Autrefois la capitale du cantaloup, le village de Mendota se transforme. «Ce ne sont pas seulement les fermes industrielles qui souffrent, les petits commerces aussi en arrachent. Même la banque vient de fermer dans le village», rapporte Randy McFarland, porte-parole des fermiers.


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Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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