L’Abitibi-Témiscamingue perd ses jeunes travailleurs. Mais les initiatives pour les ramener au bercail se multiplient et commencent à porter leurs fruits.

En 2004-2005, 343 jeunes âgés de 15 à 34 ans ont quitté la région. C’est beaucoup, mais c’est moins qu’avant. En 2001-2002, par exemple, 1 085 jeunes avaient délaissé l’Abitibi, selon l’Institut de la statistique du Québec.
Plusieurs motifs poussent les jeunes à s’exiler. Au premier chef : la poursuite des études. Viennent ensuite le désir de vivre sa vie et ses propres expériences et la recherche d’emploi, selon le Portrait des jeunes adultes de l’Abititi-Témiscamingue, publié en juin 2005 par l’Observatoire de l’Abitibi-Témiscamingue.
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Des organismes comme Place aux jeunes mettent l’épaule à la roue pour inciter les exilés à revenir ou pour attirer en région de jeunes entrepreneurs. À la grandeur du Québec, les agents de migration de l’organisme ont accompagné 3 600 personnes en 2006-2007. Sur ce nombre, 1 130 d’entre elles ont effectivement posé leurs valises en région, dont 130 en Abitibi.
«Nous proposons des séjours exploratoires pour découvrir la région, nous aidons à développer des réseaux et à planifier l’établissement, explique Catherine Rioux, coordonnatrice des communications pour Place aux jeunes. Par exemple, les agents soutiennent les jeunes à distance dans leur recherche d’un emploi et d’un logement en région.» Les agents alimentent aussi le site accrodesregions.qc.ca où sont diffusées offres d’emploi et de stages dans diverses régions du Québec.
Place aux jeunes travaille en collaboration avec divers organismes pour multiplier les mesures incitatives au retour en région. Par exemple, de concert avec le Carrefour Jeunesse Emploi (CJE) de la MRC Abitibi-Ouest, un comité a été formé pour accueillir les nouveaux arrivants et les entrepreneurs. Depuis 2001, ce comité organise chaque année un cocktail pour permettre aux nouveaux venus de rencontrer diverses ressources d’aide à l’emploi de la région.
Le directeur général du CJE de la MRC Abitibi-Ouest, Sébastien Bélisle, a aussi mis sur pied il y a six ans le projet Dazibao (www.dazibao.qc.ca) . «Il s’agit d’un site qui permet aux jeunes de 16-35 ans qui ont migré de conserver un lien avec leur région, explique-t-il. Il donne accès à divers services dont des bourses d’études et des informations sur le marché du travail. Un jeune qui reste en contact avec sa région reviendra plus facilement bâtir son avenir en Abitibi une fois son diplôme obtenu.»
C’est grâce au soutien de Place aux jeunes — au moyen duquel elle a effectué deux séjours exploratoires et noué des contacts professionnels — que Geneviève Béland est revenue s’installer en Abitibi au printemps 2007. Partie en 2002 pour faire ses études collégiales et universitaires en animation et recherche culturelles à l’Université du Québec à Montréal, elle avait toujours gardé en tête l’idée de revenir un jour dans sa région natale.
De fil en aiguille, elle a décroché un poste d’agente de communications à la Ville de Val-d’Or, en effectuant un remplacement de congé de maternité. «Je ne regrette pas d’être revenue. Les possibilités d’avancement me semblent plus grandes ici. Je ne crois pas que j’aurais eu accès si rapidement à un poste important à Montréal.» Autre avantage non négligeable : pas de problème de transport, la vie moins chère, et plus de temps pour les projets personnels. Selon elle, c’est la vraie vie!