Étagé sur une côte qui ressemble à un escalier pour géant, Rimouski a un œil sur l’estuaire du Saint-Laurent. De partout — sauf quand la brume monte du large —, le grand fleuve est visible.

De le voir est une chose, mais de s’en approcher en était une autre, jusqu’à tout récemment. Comme bien des villes, la capitale-métropole du Bas-Saint-Laurent s’était coupée de son fleuve pour faire place à la Route 132. Pour rétablir l’accès, Rimouski a aménagé une promenade de trois kilomètres le long du Saint-Laurent. «On peut s’y promener à pied, à bicyclette ou en patins. Même en hiver, c’est achalandé», se félicite le maire Michel Tremblay. Une promenade comme la Ville de Québec aimerait en réaliser une sous le cap Diamant, sans succès jusqu’ici.
La réussite de Rimouski et de sa région tient peut-être à cette caractéristique locale : ici, on vit sans complexe ni jalousie par rapport aux grandes villes. Dans plusieurs secteurs économiques, Rimouski-la-petite, avec ses 50 000 habitants, joue à Rimouski-la-grande. Reconnue comme technopole maritime, la ville livre bataille à Vancouver et Saint John’s (Terre-Neuve). Rimouski est aussi le deuxième pôle d’importance dans le domaine des télécommunications au Québec, avec Montréal pour seul concurrent.
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En janvier dernier, Bertrand Allard, président de SeaQuest Technologies, revenait d’un voyage au Cameroun et au Bénin, en compagnie de la Société de promotion économique de Rimouski (SOPER). Il a cherché à y vendre les systèmes intégrés d’information en temps réel pour la gestion des ports que conçoit son entreprise. «On a des gens en Malaisie et à Buenos Aires qui font du démarchage», dit Bertrand Allard. L’Indonésie est également dans la mire de SeaQuest et de la SOPER.
«Grâce au domaine maritime, 2004 sera une année extraordinaire», prédit Jacques Desjardins, directeur général de la SOPER. Entre autres parce qu’il est à organiser une foire commerciale à laquelle une quarantaine d’entreprises chinoises participeront, fruit du jumelage de Rimouski et de la ville portuaire de Nantong, une capitale provinciale de… huit millions d’habitants!
La mer — c’est ainsi qu’on désigne le fleuve à Rimouski — joue un rôle primordial dans la vie des Rimouskois. Quatre centres de recherche scientifique d’importance sont installés à Rimouski et dans sa région : l’Institut des sciences de la mer, l’Institut maritime du Québec, l’Institut Maurice-Lamontagne (à Mont-Joli) et le nouveau Centre de recherche en biotechnologie marine.
Fait exceptionnel en région, Rimouski abrite aussi quelque 40 entreprises en télécommunications et technologies de l’information, avec un Carrefour de la nouvelle économie parmi les plus actifs en dehors des grands centres. Une activité qui s’explique par la présence du siège social de TELUS Québec, fondé en 1927 et devenu le numéro deux des télécoms au Québec (derrière Bell).
C’est sans compter des centaines d’emplois dans l’acier, l’exploitation forestière, la pêche, l’agroalimentaire, le tourisme, et les services publics inhérents au statut de capitale régionale. Une diversification dont tout le monde se réjouit. Mais le poids de TELUS Québec dans l’économie régionale est lourd à porter. Près de 1 200 personnes y travaillent et 400 autres s’y ajouteront au cours des prochaines années. «Si TELUS ferme la shop demain matin, on aura un problème majeur», concède le maire Tremblay.