À moyen terme, on craint un trou dans la pyramide des âges. Une faiblesse dans le groupe d'âge des 30 à 44 ans dans quelques années provoquerait un manque de main-d'œuvre spécialisée. «Certaines entreprises éprouvent des difficultés à recruter, comme celles du secteur de la santé et des technologies de pointe», précise Gérald Dubé.
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«La grande ville est très attrayante, et on peut rarement offrir les mêmes conditions que les employeurs des grands centres. Ça freine le développement de nos entreprises», souligne Marie-Josée Huot, directrice générale du Centre local de développement de Rivière-du-Loup.
Il existe quelques initiatives qui visent à contrer le phénomène, mais elles n'ont pas encore donné de grands résultats. Le programme Place aux jeunes, mis sur pied en 1990, s'adresse aux 16 à 35 ans désireux de venir — ou revenir — s’installer dans la région. Il prévoit des visites d’industries et d'organismes d'aide au développement économique ou au démarrage d'entreprises.
«Il faut faire connaître nos forces en matière d’emploi à nos jeunes le plus tôt possible, avant même qu’ils ne prennent une première décision quant à leur orientation professionnelle», souligne Mario Landry, directeur du Carrefour jeunesse-emploi de Rivière- du-Loup.
Le Bas-Saint-Laurent ne devra plus seulement miser sur sa qualité de vie et ses beaux paysages pour stopper la saignée : meilleures conditions salariales, aide au placement des conjoints et conjointes, incitatifs pécuniaires, c'est le prix à payer pour jouer dans les grandes ligues...
Zoom sur l’emploi
avec Claude Saindon, directeur régional, Emploi-Québec Bas-Saint-Laurent.
Tendances du marché de l'emploi
«Au cours de la période 2000-2004, le nombre d’emplois devrait augmenter au rythme de 1,4 % par année au Bas-Saint-Laurent, soit une augmentation d’environ
5 800 emplois. En plus de la demande générée par la croissance économique, il faut ajouter les postes qui deviendront disponibles en raison du remplacement de la main-d’œuvre actuellement en emploi. La demande totale sera de 13 700 postes en région d’ici la fin de 2004.
«Les problèmes du Bas-Saint-Laurent sont structurels. Nous dépendons des ressources naturelles, comme le bois. L'industrie forestière connaît une période particulièrement difficile. On note toutefois de grandes disparités entre les villes, qui présentent des statistiques sur le chômage comparables à la moyenne québécoise, et les secteurs plus ruraux. Rimouski, par exemple, connaît un boom commercial; son industrie des technologies de l'information progresse rapidement, et il s'y développe des créneaux intéressants en bioalimentaire et en technologies marines.
«Il y a du travail dans la région pour les diplômés. Pas moins de 7 000 offres d'emploi ont été affichées à nos bureaux au cours de l'année dernière. Nous mettons beaucoup d’efforts à soutenir la création d’emplois, mais nous devons d'abord consolider ceux qui existent déjà.
«Notre premier défi consiste à réorienter l'industrie du bois, de la coupe et du sciage vers la deuxième et la troisième transformation. C'est déjà bien parti, avec l'enveloppe de 73 millions de dollars consentis par le gouvernement du Québec pour aider notamment au démarrage d'entreprises de transformation.
«À Emploi-Québec, nous nous préoccupons de reclasser les travailleurs des scieries fermées. Ces interventions donnent d’ailleurs de bons résultats : pour l'une d'entre elles, nous avons réussi à replacer 18 des 20 travailleurs qui avaient perdu leur emploi.
«À Matane, l'industrie de taille du diamant et de la joaillerie est en train de prendre son vol avec l’arrivée d’une seconde entreprise spécialisée dans ce domaine. C'est un exemple de belle réussite régionale, où toutes les ressources locales ont été mises à contribution pour le démarchage, la formation de la main-d'œuvre, etc.»