L’immigration serait une autre piste de solution. «La Chambre de commerce fait pression sur le gouvernement pour conserver des programmes d’immigration proactive, poursuit Pierre Dolbec. La région accueille des immigrants, mais ils ne restent pas. Le gouvernement devrait mieux cibler les clientèles et attirer des gens qui sauront s’adapter à la ville et au climat.» Le président de la Chambre de commerce pense notamment aux ressortissants des pays d’Europe de l’Est qui connaissent l’hiver et qui comptent plusieurs francophiles.
S’il ne tarit pas d’éloges pour sa ville, Denis Anger, directeur de la promotion et des communications à la Commission de la Capitale-Nationale et président du Comité des citoyens du Vieux-Québec, reconnaît toutefois que tout n’est pas rose. «Si à court terme l’impact du déclin démographique est modeste, à long terme, c’est plus inquiétant. On va manquer de main-d’œuvre. Il nous faut un prince charmant pour réveiller la Belle au bois dormant!»
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Denis Anger pense notamment que le faible taux de rétention des immigrants est au cœur du problème. De plus, il souligne que les immigrants arrivés à Québec dans les années 1950-1960 se sont si bien fondus à la population qu’ils ne sont presque plus visibles. «Nous n’avons pas, contrairement à Montréal, de quartiers chinois, italien ou grec, et donc pas de communautés d’accueil visibles pour les nouveaux arrivants. C’est un obstacle.»
Denis Anger estime par ailleurs qu’une politique nataliste plus agressive pourrait également aider à repeupler la région. Mais les effets ne s’en feraient sentir que dans 10 ou 15 ans… «On devrait essayer de garder les jeunes qui étudient dans nos établissements d’enseignement et éventuellement cibler un nouveau type de population étudiante, comme les jeunes anglophones du reste du Canada qui sont en immersion française. Une autre piste de solution pourrait être la réintégration des jeunes retraités sur le marché du travail.»
De son côté, Gérard Bélanger se montre très critique. Professeur d’économie à l’Université Laval, il est également l’auteur de L’économique de la santé et l’État providence (Varia, 2005). «Québec est une ville intéressante, agréable, mais ce n’est pas une ville d’avenir, déclare-t-il sans ambages. Il n’y a guère de volonté de réforme, car plus une population vieillit, plus elle craint le changement. La tolérance à la différence n’est pas acquise, il faut l’expérimenter. Mais comment l’expérimenter si nous restons entre nous? C’est un peu comme se vanter d’être vertueux, quand on ne subit aucune tentation!»
Gérard Bélanger est aussi préoccupé par le déclin démographique. «À titre d’exemple, en 1956, la région métropolitaine de recensement [RMR] de Québec représentait 90 % de la population de la RMR d’Ottawa. En 2001, cette proportion n’est plus que de 63 %. En outre, selon l’ISQ, la croissance de la population de la région de la Capitale-Nationale entre 2001 et 2026 sera de 3,5 %, alors qu’elle atteindra 9,3 % pour l’ensemble du Québec.»
S’il estime que le manque de main-d’œuvre pourrait dégonfler la vitalité économique de la région, Gérard Bélanger souligne qu’en contrepartie cela pourrait avoir un impact positif sur la rémunération. «Une pénurie de travailleurs qualifiés devrait faire grimper les salaires, car il y aurait alors plus d’offres d’emploi que de demandes.»
L’argent pourrait-il être un appât efficace pour attirer une nouvelle faune dans la Capitale? Sur ce plan, tous les espoirs sont encore permis.
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