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Régions - Capitale-Nationale
La parole aux élus

Élucider le casse-tête

La baisse de la population active dans la Capitale-Nationale et son impact sur la vitalité de l’économie font écho jusque dans les hautes sphères du gouvernement Charest. Des ministres explorent des pistes de solutions.

par Emmanuelle Gril


Magazine Jobboom
Vol. 7 no. 3 mars 2006


«Nous devons prévenir les coups», soutient Lise Thériault, ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec (MICC), en entrevue exclusive. «Dans la province, de nombreuses personnes vont prendre leur retraite au cours des prochaines années, et beaucoup de postes seront à pourvoir. Comme nous ne faisons pas assez d’enfants, il faut faire appel à l’immigration pour augmenter notre bassin de travailleurs. Pour 2006, nous prévoyons l’entrée totale de 46 000 immigrants au Québec; et de 48 000 en 2007.»

Lise Thériault ajoute que les données sur l’immigration dans la région ne sont pas aussi décourageantes qu’on le laisse entendre. Le nombre d'immigrants déclarant se destiner à la région de la Capitale-Nationale a augmenté de 24 % en 2004 par rapport à 2003. Selon le MICC, plus de 5 000 personnes immigrantes se sont installées dans la région de Québec au cours des 5 dernières années. La majorité provient de France, des États-Unis, d’Allemagne, de Chine, de Bosnie-Herzégovine, d’Haïti, du Viêt Nam, d’Algérie, du Maroc et de Roumanie.

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Mme Thériault réfute également les critiques concernant le faible taux de rétention des nouveaux arrivants dans la région. «Entre 1996 et 2001, 82 d’entre eux sont demeurés dans la Capitale-Nationale. Ils sont bien répartis sur tout le territoire, et beaucoup sont d’origine européenne, donc moins visibles. Ce sont peut-être les raisons pour lesquelles on pense qu’il y a peu d’immigrants qui restent.»

N’empêche, le MICC a signé en janvier dernier une entente avec la Ville de Québec pour favoriser l’intégration des nouveaux arrivants. Un montant de 300 000 $ sera utilisé pour promouvoir la Capitale-Nationale comme lieu d’établissement auprès des immigrants et favoriser leur accueil. La ministre Lise Thériault ajoute qu’un comité de travail — formé par le MICC, Emploi-Québec et des groupes communautaires — a aussi été mis sur pied afin d’arrimer les besoins de main-d’œuvre dans la région avec les compétences des immigrants.

Pour sa part, Michel Després, ministre responsable de la Capitale-Nationale, se dit préoccupé par le fait que cette région subira le choc du déclin démographique plus rapidement qu’ailleurs en province, c’est-à-dire dès 2008, comparativement à 2013 pour le reste du Québec. «Ça arrive vite, et nous devons planifier le développement d’une nouvelle main-d’œuvre. Il faut aussi se préoccuper de la question du renouvellement de la population», affirme-t-il, aussi en entrevue exclusive.

À son avis, il est important de favoriser l’immigration, mais il ne faut pas s’arrêter là. «On doit aussi se donner les moyens de retenir les jeunes. Québec est une ville en plein boum économique, et le taux de chômage n’a jamais été aussi bas. C’est un endroit où l’on trouve des emplois de qualité, une région de savoir, de recherche et de haute technologie. C’est aussi une ville où il fait bon vivre et élever une famille.» À cet effet, le ministre fait confiance aux deux fonds d’intervention d’économie régionale de 15 millions de dollars récemment accordés à la Capitale-Nationale par le gouvernement pour aider les entrepreneurs. Ils encourageront les jeunes à fonder des entreprises et à demeurer dans la région.


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