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Régions - Capitale-Nationale

Rencontres du troisième type

Les travailleurs immigrants doivent être mis à profit pour assurer le renouvellement de la main-d’œuvre dans la région de Québec. Mais s’y intègrent-ils facilement?

par Emmanuelle Gril


Magazine Jobboom
Vol. 7 no. 3 mars 2006


Bon an mal an, le Service d’orientation et d’intégration des immigrants au travail de Québec (SOIIT) aide environ 600 immigrants issus de plus de 70 pays à pénétrer le marché de l’emploi dans la région de Québec. Sur le lot, environ 60 % décrochent un poste. Un bon taux de placement, selon le directeur général de l’organisme, Pierre Touré, qui demeure toutefois réaliste. «L’intégration n’est pas toujours facile. On peut voir une certaine réticence de la part des employeurs. La plupart du temps, pour expliquer leur refus d’embaucher des immigrants, ils montrent du doigt la question des différences culturelles, la méconnaissance des codes culturels en entreprise ou la différence de diplôme et d’expérience de travail.»

Les difficultés sont donc bien réelles, et ce n’est pourtant pas faute de présenter des candidats compétents. «Selon nos statistiques, 51 % des personnes que nous avons aidées en 2004-2005 possédaient une formation universitaire», poursuit Pierre Touré. Dix-neuf pour cent de notre clientèle se composait de techniciens, 8 % étaient des ouvriers spécialisés et 12 %, des travailleurs non spécialisés ou sans profession. Selon le directeur, les ressortissants français réussissent particulièrement bien à tirer leur épingle du jeu. Ces derniers sont d’ailleurs les plus nombreux à frapper à la porte de la région de la Capitale-Nationale (voir encadré Le «vieux» Québec).

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Il remarque que les gens de la région se montrent généralement ouverts et hospitaliers envers les ressortissants étrangers, mais que les rencontres peuvent demeurer un peu superficielles. Du côté des minorités visibles, en particulier les immigrants en provenance d’Afrique noire ou d’Afrique du Nord, le jeu se corse un peu plus. «C’est une zone grise. Il est difficile de qualifier le problème : est-ce une question de fermeture ou de racisme? On ne peut pas s’avancer là-dessus», estime Pierre Touré.

Hors du français, point de salut

Lorsqu’on lui demande si le taux de rétention des immigrants dans la région est faible, Karine Verreault, directrice du Centre multiethnique de Québec, se montre perplexe. «Je crois que les statistiques ne sont pas très fiables, et qu’on leur fait dire un peu ce qu’on veut. D’ailleurs, il n’existe actuellement aucun outil éprouvé pour mesurer le taux de rétention. Notre organisme se consacre à l’accueil et à l’intégration sociale des gens venus d’ailleurs et, chaque année, nous voyons passer environ 1 000 personnes, aussi bien des immigrants économiques que des réfugiés ou de nouveaux arrivants qui veulent faire venir leur famille ici. Pour ce que nous en savons, il y a peu de départs dans les premières années qui suivent leur installation.»

Karine Verreault fait toutefois remarquer que la connaissance du français est indispensable à l’intégration sociale et professionnelle dans la région de Québec. «À l’extérieur de Montréal, il est difficile de fonctionner sans le français. Certains parviennent à l’acquérir, mais d’autres non. Ou ils n’y mettent pas suffisamment d’efforts, ou ils en sont tout simplement incapables. Cet aspect aura évidemment un impact sur leur avenir chez nous.» Par ailleurs, elle souligne qu’il y a des mouvements ponctuels dans certaines communautés. «Par exemple, les personnes en provenance de l’Afghanistan sont peu restées à Québec. Elles sont parties à Toronto, où l’on trouve déjà une importante communauté afghane. Ce sont des gens qui ont aussi eu de grandes difficultés à apprendre le français. De leur côté, il y a quelques années, les Bosniaques sont partis pour le sud de l’Ontario, car on leur avait dit que là-bas, les salaires étaient bons et que le travail ne manquait pas. Mais beaucoup sont revenus. Il est donc difficile de tirer des conclusions définitives sur les raisons qui poussent les immigrants à demeurer ou non dans la région.»


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Résultats



Québec

42,8 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

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