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Une chose est sûre, certains immigrants restent et trouvent leur place à Québec, comme c’est le cas d’Annick Javourez. Aujourd’hui commissaire à l’entreprise auprès du Service du développement économique de la Ville de Québec, cette jeune Française diplômée de l’Institut de sciences politiques de Lyon réside dans la région depuis avril 2004. Grâce au SOIIT, elle a obtenu, peu de temps après son arrivée, un stage à la Ville de Québec, lequel s’est finalement transformé en emploi permanent. «J’ai eu beaucoup de chance, car mon diplôme et mon expérience ont été reconnus. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Décrocher un emploi peut être très difficile. L’une de mes amies, d’origine française également, diplômée d’une grande école de commerce en France et possédant une excellente expérience de travail dans son domaine, est incapable de décrocher un poste de son niveau. Elle accumule les petits boulots à neuf dollars l’heure et est extrêmement découragée. Elle envisage sérieusement de repartir si la situation ne s’améliore pas au cours des prochains mois.»
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Fabio Gimenez, originaire de Colombie, a aussi réussi à trouver sa voie. Arrivé à Québec il y a trois ans et demi, celui qui était architecte dans son pays occupe aujourd’hui un poste de chargé de projets à la Direction des infrastructures du ministère des Affaires municipales. Après avoir appris le français, il s’est inscrit à la maîtrise en aménagement du territoire à l’Université Laval. À l’automne 2004, il a participé à la campagne de recrutement de la fonction publique, a réussi les examens et a décroché son emploi actuel en novembre 2005. «Les Québécois sont des gens plutôt tolérants, et l’intégration est facile lorsqu’on fait soi-même preuve d’ouverture. Je crois que le problème de nombreux immigrants qui ont du mal à s’intégrer, c’est qu’ils restent trop avec les gens de leur communauté.»
Sur le plan professionnel, en revanche, il estime qu’il y a un mensonge dans la publicité que fait le Québec à l’étranger. «On nous dit : “Venez chez nous! Nous avons besoin d’ingénieurs, d’architectes, de médecins”, et une fois ici, les ordres professionnels nous ferment la porte au nez. Mon diplôme d’architecte n’est pas reconnu, et c’est pourquoi je me suis tourné vers la maîtrise en aménagement du territoire.»
Comme quoi la route vers l’intégration professionnelle des immigrants ne doit pas être pavée que de bonnes intentions.
Immigration dans la Capitale-Nationale :
10 principaux pays de provenance
1. France 22,6 %
2. Colombie 9,0 %
3. Maroc 7,7 %
4. Chine 4,9 %
5. République démocratique du Congo 4,2 %
6. Algérie 3,8 %
7. Bosnie-Herzégovine 3,6 %
8. Serbie et Monténégro 3,2 %
9. Burundi 2,8 %
10. Roumanie 2,7 %
Source : Ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles, Direction de la population et de la recherche, mars 2005.