Selon Daniel Marois, économiste régional de Service Canada, ce fameux projet ACCORD n’est pas étranger au fait que la région attire les centres de recherche. «Les intervenants veulent créer une synergie en développant des liens étroits entre les centres de recherche, les établissements d’enseignement et les entreprises privées», résume-t-il. On espère aussi que la présence marquée de centres de recherche dans la région permettra d’attirer les investissements et ainsi de créer de nouvelles entreprises et des emplois.
Alain Fecteau, président-directeur général du Technopôle Défense et Sécurité, estime que la présence de l’Université Laval joue aussi un rôle déterminant dans le développement du secteur de la recherche à Québec. «Elle est reconnue pour la qualité de ses équipes de recherche et a une excellente réputation. Elle possède d’ailleurs sept centres d’excellence dans différents domaines [en photonique et géomatique, par exemple].»
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Ce que confirme Christian Goulet, président de la Chambre de commerce de Québec, en plus d’ajouter : «Les chercheurs attirent les chercheurs, il y a un phénomène d’entraînement.» Il souligne que RDDC-Valcartier a également constitué un pôle d’attraction important, une opinion partagée par André Parent, gestionnaire clients stratégiques à l’Institut national d’optique. «Il y a 30 ans, ce centre disposait déjà d’un grand nombre de chercheurs dans le domaine de la photonique. Avec l’Université Laval, ils ont permis de créer une masse critique d’expertise en photonique et laser», soutient-il.
Si la région est un terreau fertile pour les centres de recherche, c’est aussi en raison de certains avantages. «Ici, les loyers sont moins chers qu’à Montréal, les coûts de fonctionnement sont plus bas, ce qui est très attrayant. On trouve aussi un bon volume de main-d’œuvre qualifiée», estime Martine Roy. Ainsi, selon l’Institut de la statistique du Québec, plus de 16 % de la population régionale de 15 ans et plus possède un diplôme universitaire (baccalauréat et plus), ce qui la place en deuxième position après Montréal (21,6 %). Christian Goulet prêche également pour sa paroisse en disant que Québec est une fort belle ville, où les chercheurs sont bien accueillis et bénéficient d’une bonne qualité de vie.
Mais une telle concentration d’expertise pose aussi un défi particulier : celui du recrutement de la main-d’œuvre. Comme la croissance est au rendez-vous, le secteur doit sans cesse dénicher chercheurs et techniciens spécialisés. «Avec une croissance annuelle de l’emploi de 5 %, le secteur de la défense et de la sécurité a besoin de travailleurs spécialisés, mais ils ne sont pas faciles à trouver», indique Alain Fecteau.
«Les chercheurs ont des occasions d’emploi partout dans le monde, précise Carl Viel. Pour les attirer, nous effectuons des démarches de recrutement sur les plans national et international. Par exemple, l’an dernier, en collaboration avec le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, nous avons mené l’activité Voilà Québec pour faire connaître la région aux États-Unis et éventuellement recruter des chercheurs américains.»
«À la Chambre de commerce, nous travaillons de concert avec l’INO et le PÔLE Québec Chaudière-Appalaches pour diffuser l’information sur les besoins de main-d’œuvre. Le problème est que les demandes des centres de recherche sont tellement pointues qu’il est parfois difficile de dénicher les chercheurs voulus», relève pour sa part Christian Goulet. Dans la Capitale-Nationale, les projets de recherche commencent donc par les démarches pour trouver le bon candidat avec le bon CV pour le bon poste…