Le ralentissement de l’activité économique aux États-Unis l’an dernier, l’essor de la concurrence étrangère et l’envolée fulgurante du huard ont fait perdre des plumes à l’économie du Centre-du-Québec. Pourtant, les intervenants économiques de la région se disent très optimistes… et tout indique que l’avenir leur donnera raison!

Affectée notamment par la vigueur du dollar canadien, l’économie de la région administrative du Centre-du-Québec subit depuis un an quelques bouleversements.
L’emploi manufacturier, entre autres, stagne après avoir connu une croissance effrénée entre 1996 et 2002. Les entreprises du vêtement sont particulièrement touchées.
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Mais entre deux annonces de mises à pied dans ce dernier cas, d’autres secteurs affichent de meilleures mines. Ceux de la fabrication de textiles spécialisés (de membranes d’étanchéité, par exemple) et du bois ouvré (meubles et cercueils) se portent très bien. Le commerce de détail, les services et la construction bouillonnent d’activités. Il en est ainsi à Drummondville, la championne canadienne de la diversification économique en 2003 parmi les villes de moins de 100 000 habitants, selon Statistique Canada.
«L’emploi est en baisse de 1 % dans le secteur manufacturier en général, mais à la hausse dans le commerce de détail et les services, affirme Martin Dupont, directeur général de la Société de développement économique de Drummondville (SDED). Cette année, 45 millions de permis de construction ont été délivrés dans le secteur commercial, du jamais vu depuis 20 ans. Et l’Hôpital Sainte-Croix travaille à des projets d’agrandissement en vue de devenir un centre hospitalier régional.»
La production de biens représente malgré tout 41 % de l’emploi dans la région, comparativement à 25 % pour l’ensemble du Québec, révèlent les données d’Emploi-Québec. La production agricole est aussi importante avec 7,6 % de l’emploi.
Le Centre-du-Québec se compose des MRC d’Arthabaska (Victoriaville), de Bécancour, de Drummond, de L’Érable et de Nicolet-Yamaska. Son économie repose dans une large part sur les secteurs agricole et manufacturier.
Par contre, Éric Lampron, analyste du marché du travail à Emploi-Québec Centre-du-Québec, rappelle que le taux d’exode des jeunes a atteint près de 15 % lors de la même période et que la population en âge de travailler décroîtra au cours des prochaines années. «Pour sensibiliser les employeurs à ces problématiques, une stratégie de rétention et d’attraction a été lancée au printemps 2003 par le Conseil régional des partenaires du marché du travail du Centre-du-Québec, en collaboration avec Emploi-Québec. Des actions sont aussi mises de l’avant pour inciter des immigrants à s’établir dans la région.»
D’ailleurs, la région est plus ouverte que jamais sur le monde. Le Centre-du-Québec s’attaque à ce que plusieurs considèrent comme le défi économique de l’heure : la mondialisation. «Nos entreprises sont très dépendantes du marché américain et elles doivent faire face à une forte concurrence asiatique, soutient le directeur général de la SDED à Drummondville. Plutôt que de la subir, plusieurs préfèrent développer des partenariats à l’étranger et tenter de tirer profit de cette réalité. Nous réaliserons d’ailleurs une première mission économique en Chine, en septembre, à laquelle participeront les dirigeants d’une dizaine d’entreprises de notre territoire.»