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Régions - Chaudiere-Appalaches

Sauvons les meubles

À cause de la forte concurrence asiatique, de la hausse du prix du pétrole, et du huard qui se remplume, le secteur manufacturier québécois souffre. Mais plusieurs industriels de Chaudière-Appalaches résistent envers et contre tout.

Par Emmanuelle Gril


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 3 Mars 2007


De Montmagny à Thetford Mines en passant par Lévis et Saint-Georges de Beauce, plus de 25 % des emplois sont liés au secteur manufacturier. On y produit principalement des meubles, des textiles, des vêtements et des aliments, de même que divers produits métalliques, de la machinerie et du matériel de transport. Comme un peu partout en province, certaines entreprises ont récemment vécu des difficultés financières.

«La montée de la valeur du dollar canadien, qui nuit aux exportations vers les États-Unis, et la forte concurrence asiatique, ont touché les secteurs du textile, du vêtement et du meuble», rapporte Daniel Marois, économiste à la Direction de l’analyse socio-économique de Service Canada. Par exemple, les Industries Keystone ont fermé leur usine de vêtements de Thetford Mines à l’automne 2006, abolissant 110 emplois. Toujours en 2006, Meubles Beauceron, Meubles Morigeau et Shermag ont effectué de nombreuses mises à pied. Puis, en février 2007, Shermag annonçait la fermeture de ses deux dernières usines en Chaudière-Appalaches, à Disraeli et à Saint-Étienne de Lauzon.

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De leur côté, les industries du plastique et du bois ont été affectées respectivement par la hausse du prix du pétrole et par le conflit du bois d’œuvre avec les États-Unis. Les scieries Bel Ache, de Saint-Magloire, et Boiscarvin, de Sainte-Justine, ont suspendu leurs activités au printemps 2006 pour une durée indéterminée, mettant à pied une quarantaine d’employés au total. De son côté, le fabricant de portes et fenêtres Groupe Bocenor a fermé son usine de Saint-Raphaël à l’été 2006, licenciant une dizaine de travailleurs.

Malgré tout, l’économie régionale se maintient. En novembre 2006, le taux de chômage était de 4,8 % en Chaudière-Appalaches, contre 7,9 % pour l’ensemble du Québec.

Tous pour un

Pour renouer avec la rentabilité, des compétiteurs ont parfois intérêt à unir leurs efforts de marketing ou de production. Partant de ce principe pour le moins inhabituel, le gouvernement du Québec, les régions et la Société générale de financement ont accouché du projet ACCORD (Action concertée de coopération régionale de développement). «C’est un peu comme si on regroupait des capitaines de bateaux afin de créer une armada», explique Danny Veilleux, conseiller en développement à la Direction régionale Chaudière-Appalaches du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation. «Pour faire des économies d’échelle, les entreprises d’un même secteur peuvent, par exemple, expédier leurs produits ensemble ou développer une stratégie marketing commune. Les compagnies actives dans le créneau des plastiques et matériaux composites se sont même réunies pour acheter leurs matières premières, comme la résine et les fibres.»

«Pour faire des économies d’échelle, les entreprises d’un même secteur peuvent, par exemple, expédier leurs produits ensemble ou développer une stratégie marketing commune.»
— Danny Veilleux, conseiller en développement

En Chaudière-Appalaches, cinq industries sont regroupées sous la bannière du projet ACCORD : outre les matériaux composites et les plastiques, il y a les produits de revêtement et d’apparence en bois (comme les moulures et les revêtements de plancher), les textiles techniques, le meuble et les technologies environnementales liées à la production et à la transformation animale. Ces «créneaux d’excellence» ont déjà le vent dans les voiles. Et avec l’aide du projet ACCORD, ils peuvent devenir de véritables locomotives économiques.


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Résultats



Québec

42,8 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

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