À cause de la forte concurrence asiatique, de la hausse du prix du pétrole, et du huard qui se remplume, le secteur manufacturier québécois souffre. Mais plusieurs industriels de Chaudière-Appalaches résistent envers et contre tout.

De Montmagny à Thetford Mines en passant par Lévis et Saint-Georges de Beauce, plus de 25 % des emplois sont liés au secteur manufacturier. On y produit principalement des meubles, des textiles, des vêtements et des aliments, de même que divers produits métalliques, de la machinerie et du matériel de transport. Comme un peu partout en province, certaines entreprises ont récemment vécu des difficultés financières.
«La montée de la valeur du dollar canadien, qui nuit aux exportations vers les États-Unis, et la forte concurrence asiatique, ont touché les secteurs du textile, du vêtement et du meuble», rapporte Daniel Marois, économiste à la Direction de l’analyse socio-économique de Service Canada. Par exemple, les Industries Keystone ont fermé leur usine de vêtements de Thetford Mines à l’automne 2006, abolissant 110 emplois. Toujours en 2006, Meubles Beauceron, Meubles Morigeau et Shermag ont effectué de nombreuses mises à pied. Puis, en février 2007, Shermag annonçait la fermeture de ses deux dernières usines en Chaudière-Appalaches, à Disraeli et à Saint-Étienne de Lauzon.
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De leur côté, les industries du plastique et du bois ont été affectées respectivement par la hausse du prix du pétrole et par le conflit du bois d’œuvre avec les États-Unis. Les scieries Bel Ache, de Saint-Magloire, et Boiscarvin, de Sainte-Justine, ont suspendu leurs activités au printemps 2006 pour une durée indéterminée, mettant à pied une quarantaine d’employés au total. De son côté, le fabricant de portes et fenêtres Groupe Bocenor a fermé son usine de Saint-Raphaël à l’été 2006, licenciant une dizaine de travailleurs.
Malgré tout, l’économie régionale se maintient. En novembre 2006, le taux de chômage était de 4,8 % en Chaudière-Appalaches, contre 7,9 % pour l’ensemble du Québec.
En Chaudière-Appalaches, cinq industries sont regroupées sous la bannière du projet ACCORD : outre les matériaux composites et les plastiques, il y a les produits de revêtement et d’apparence en bois (comme les moulures et les revêtements de plancher), les textiles techniques, le meuble et les technologies environnementales liées à la production et à la transformation animale. Ces «créneaux d’excellence» ont déjà le vent dans les voiles. Et avec l’aide du projet ACCORD, ils peuvent devenir de véritables locomotives économiques.