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Régions - Côte-Nord

Une semaine dans le mur de Fermont (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 2
février 2009


«Le mur? Ça fait 29 ans que je vis dedans. Je sors à peu près juste pour aller travailler.»
— Normand Fagnan

Malgré toutes ces «carottes», Arcelor-Mittal peine à mettre le grappin sur des employés qualifiés, prêts à vivre l’expérience fermontoise. Les ingénieurs miniers, contremaîtres, techniciens miniers et techniciens en électrodynamique se font particulièrement rares.

La pénurie de main-d’œuvre s’est accentuée au cours des trois dernières années. C’est que la mine a ouvert ses portes en 1976 et qu’il faut accumuler 30 années de service pour avoir droit à la pleine retraite. Depuis trois ans, les pionniers de Fermont quittent la ville en bloc. «On a procédé à 539 embauches pour les remplacer et on devrait pourvoir 276 autres postes d’ici à 2013», dit Isabelle Tremblay.

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Pénurie ou pas, tous les jours, vers l’heure du lunch, on entend la dynamite exploser à la mine. On sent parfois le sol trembler jusqu’à l’intérieur du mur-écran, pourtant à 17 km de Mont-Wright. Le minerai de fer est retiré à l’aide de gigantesques pelles mécaniques, broyé, puis acheminé par chemin de fer jusqu’à Port-Cartier, quelque 400 km au sud, où ArcelorMittal exploite une usine de transformation.

Pour certains travailleurs de Mont-Wright, Port-Cartier, c’est un peu le rêve. Sur la rive nord du Saint-Laurent, la petite ville n’est qu’à deux heures de Baie-Comeau, à six heures de Québec. Aussi bien dire en plein cœur de l’action, en comparaison avec Fermont. «En ce moment, j’ai 78 employés qui attendent d’être mutés à Port-Cartier», confirme Isabelle Tremblay. À cause du récent ralentissement économique toutefois, les mutations ont été suspendues jusqu’à nouvel ordre.

Logement en crise

Pendant que les gars s’échinent à la mine (seulement 10 % des employés de Mont-Wright sont des femmes), plusieurs de leurs blondes travaillent dans le mur-écran.

Ici aussi, on trime dur pour recruter des employés. Un babillard installé dans un corridor, à deux pas de la porte qui mène à l’hôtel, est couvert de petites annonces. L’épicerie, la pharmacie, la tabagie, le salon de bronzage… Tous cherchent des préposées au service à la clientèle. Et l’hôtel manque de femmes de chambre. Certaines annonces traînent sur le babillard depuis plus d’un an.

Il faut dire que ces petits boulots n’offrent pas les généreux salaires de la mine. Ça vous intéresse quand même? Mieux vaut commencer par vous caser avec un mineur! «Autrement, on n’a pas accès au logement», explique Marie-Claude Nolet, qui a quitté la Rive-Sud de Québec en 2007 pour suivre son chum. Formée en tourisme, elle a déniché un poste dans l’une des deux agences de voyages installées dans le mur. «Le logement, c’est le problème numéro un à Fermont.» Impossible, en effet, de débarquer dans la ville pour se chercher du boulot, à moins d’être prêt à casquer 100 $ la nuit pour vivre à l’hôtel. Presque tous les appartements du mur et les maisons sont sous l’autorité d’ArcelorMittal. Une poignée relève de la commission scolaire ou du Centre de santé de l’Hématite. Ils servent à loger les enseignants, les médecins, les infirmières ou autres spécialistes. Quand un travailleur prend sa retraite, l’employeur récupère le logement.

«J’ai accès à une maison parce que mon chum est cadre à la mine», dit Mélanie Roy, responsable de l’Association touristique, qui offre des visites guidées du mur aux touristes de passage. «Si jamais je me séparais, il faudrait que je quitte Fermont. Pour les couples qui ont des enfants, ça pose de sérieux problèmes!»

Pourquoi ne pas simplement agrandir le mur ou construire de nouvelles maisons? Après tout, le territoire est vierge à perte de vue. «C’est difficile parce que la station d’épuration des eaux usées fonctionne à la limite de sa capacité», répond la mairesse Lise Pelletier. La Ville milite auprès du gouvernement pour obtenir une partie des fonds nécessaires à l’agrandissement de l’usine. «Aussi, plusieurs terrains appartiennent encore au ministère des Ressources naturelles et de la Faune. On attend que le gouvernement nous les cède.»

C’est sans parler des coûts astronomiques de construction. Les matériaux doivent être spécialement commandés; la main-d’œuvre doit être logée à l’hôtel durant les travaux.

«On a récemment pensé faire construire des quadruplex, mais ça revenait à 225 000 $ par logement», raconte Normand Ducharme, directeur général du Centre de santé. Pour héberger son personnel, il dispose de 39 appartements ou maisons. Il lui en faudrait 50. «On a finalement opté pour des maisons mobiles, à 175 000 $ l’unité.» Le personnel médical ne paie cependant que 225 $ par mois pour une maison chauffée et éclairée. Une façon comme une autre d’attirer la main-d’œuvre à Fermont.

Les quelques maisons mobiles du Centre de santé n’ont aucune commune mesure avec l’immense «parking de roulottes», sorte d’extension du mur, installé par la compagnie Consolidated Thompson qui construit une nouvelle mine de fer au lac Bloom, à 13 km.

Une cinquantaine de maisons mobiles beiges groupées bien serré logent chacune quatre travailleurs. «Ça enlaidit la ville», se désole Rénald Soucy, ancien responsable des services de sécurité à la retraite qui a toujours une maison à Fermont grâce à sa femme, employée du Centre de santé. «On nous dit que c’est temporaire, mais ici, il n’y a rien de plus permanent que le temporaire.»


JEUX DE MOTS FERMONTOIS

Fermont lunch! (Faire mon lunch) – l’émission à la radio communautaire le midi

Faire Mon Toit (Fermontois) – le club de quilles

J’viens Fermontour – l’ancien slogan touristique de la ville (récemment remplacé par Vivez l’immensité)

Le Mur-Mûr – le nom du centre de la petite enfance


guide de survie


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Résultats



Québec

42,8 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

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